Comment savoir si vous êtes vraiment constipé  Critères médicaux, types et signaux d'alarme - Herboristerie Sensathé

Comment savoir si vous êtes vraiment constipé ? Critères médicaux, types et signaux d'alarme

Vous êtes constipé si vous avez moins de 3 selles par semaine, que celles-ci sont dures, difficiles à évacuer, ou si vous ressentez une sensation d'évacuation incomplète lors de plus d'un quart de vos passages aux toilettes. Ce sont les critères officiels des médecins, et ils sont souvent bien différents de ce que l'on imagine. Pour comprendre pourquoi votre transit déraille et ce qui se passe dans votre corps à ce moment-là, consultez notre page Constipation : ce qui se passe vraiment dans votre corps.

L'ESSENTIEL À RETENIR

À lire en 30 secondes pour savoir si vous êtes vraiment constipé.

  • La constipation est définie médicalement par moins de 3 selles par semaine, des selles dures ou une évacuation difficile.
  • Les critères de Rome IV sont le référentiel international : au moins 2 critères présents depuis 3 mois font parler de constipation chronique.
  • On distingue la constipation de transit (côlon paresseux) de la constipation terminale (blocage au niveau du rectum).
  • La constipation peut être fonctionnelle (sans cause organique) ou secondaire (liée à un médicament, une maladie).
  • L'échelle de Bristol (types 1 et 2) permet de visualiser concrètement des selles constipées.
  • Certains signaux d'alarme, sang dans les selles, perte de poids, fièvre, nécessitent une consultation médicale urgente.
  • La constipation touche environ 20 % de la population française, plus fréquemment les femmes et les personnes âgées.
  • Les plantes et les ajustements alimentaires peuvent aider, mais ne remplacent pas un avis médical en cas de doute.


La définition médicale de la constipation : ce que disent vraiment les critères officiels

Tout le monde a une idée intuitive de la constipation, mais la réalité médicale est souvent plus nuancée. Pour bien comprendre de quoi il s'agit, il est utile de savoir ce que les médecins utilisent comme référentiel. La constipation s'inscrit dans la grande famille des troubles fonctionnels intestinaux, et pour en savoir plus sur les mécanismes globaux en jeu, la page Constipation : tout comprendre, tout soulager et retrouver un transit naturel offre une vision d'ensemble du sujet.

Les critères de Rome IV : le standard international

Les critères de Rome IV (mis à jour en 2016) constituent le cadre de référence utilisé par les gastro-entérologues du monde entier pour diagnostiquer la constipation fonctionnelle. Ils sont fondés sur la présence d'au moins 2 des 6 critères suivants, lors de plus d'un quart des défécations, depuis au moins 6 mois (dont 3 mois consécutifs) :

  • Efforts de poussée importants pour évacuer
  • Selles dures ou en boudins (types 1 et 2 de l'échelle de Bristol)
  • Sensation d'évacuation incomplète après être allé aux toilettes
  • Sensation de blocage ou d'obstruction au niveau de l'anus ou du rectum
  • Nécessité de manœuvres manuelles pour faciliter l'évacuation (appuyer sur le périnée, retirer des selles à la main)
  • Moins de 3 selles spontanées par semaine

Ces critères permettent de sortir du flou : vous n'avez pas besoin d'avoir « zéro selle » pour être constipé. Une personne qui va aux toilettes tous les jours mais qui force à chaque fois, dont les selles sont en petites billes dures, est tout aussi constipée qu'une personne qui n'y va qu'une fois par semaine.


Principaux signes de constipation  selles dures, efforts de poussée et évacuation incomplète - Herboristerie Sensathé

La fréquence normale des selles : ce que la science dit vraiment

La fréquence des selles est très variable d'une personne à l'autre. Ce qui compte, c'est ce qui est normal pour vous, dans votre contexte de vie.

Fréquence des selles : que dit la science ?
FréquenceInterprétationAction recommandée
3 selles/jour à 3 selles/semaine Plage normale reconnue médicalement Aucune si pas de gêne
Moins de 3 selles/semaine Critère de constipation probable Observer + ajustements hygiéno-diététiques
1 selle/semaine ou moins Constipation sévère Consultation médicale conseillée
Fréquence normale mais selles dures, efforts importants Constipation terminale possible Évaluation des critères de Rome IV
Le conseil de Laura, conseillère en phytothérapie

« On pense souvent ne pas être constipé lorsqu’on va aux toilettes tous les jours. Pourtant, des efforts importants, des selles en petites billes ou la sensation de ne pas avoir complètement évacué sont aussi des signes à prendre en compte. La constipation ne dépend donc pas seulement de la fréquence des selles, mais aussi de la qualité de l’évacuation. »


Les différents types de constipation : comprendre pour mieux agir

La constipation n'est pas un phénomène uniforme. Il en existe plusieurs formes, qui n'ont pas les mêmes causes ni les mêmes solutions. Distinguer votre type de constipation est la première étape pour trouver des réponses adaptées. Pour approfondir le fonctionnement du côlon et du péristaltisme dans tout cela, la page Comment fonctionne le transit intestinal ? vous éclairera sur les mécanismes en jeu.

La constipation de transit ou constipation colique

Dans ce cas, les selles progressent trop lentement dans le côlon. Le côlon, en réabsorbant trop d'eau au passage, produit des selles déshydratées, dures et difficiles à évacuer. On parle aussi de « côlon paresseux » ou de transit lent. Les personnes concernées peuvent aller aux toilettes très peu souvent (parfois seulement 1 à 2 fois par semaine) et ressentir une sensation de ventre lourd, de ballonnements et de gêne abdominale.

La constipation terminale ou dyschésie

Ici, le transit dans le côlon est normal, mais l'évacuation finale est bloquée au niveau du rectum ou du canal anal. On parle de dyschésie rectale ou de dyssynergie pelvienne (quand les muscles du plancher pelvien ne se coordonnent pas correctement). Les personnes concernées vont parfois aux toilettes avec une fréquence normale, mais peinent énormément à évacuer, ressentent une gêne anale, ou ont l'impression que les selles sont « bloquées » là sans pouvoir sortir.

Constipation fonctionnelle ou secondaire  différences, causes et maladies associées - Herboristerie Sensathé

La constipation fonctionnelle vs constipation secondaire

La constipation est dite fonctionnelle (ou idiopathique) quand aucune cause organique précise n'est identifiée, c'est-à-dire quand le tube digestif est anatomiquement normal mais fonctionne mal. Elle est dite secondaire quand une cause sous-jacente est identifiable :

  • Médicaments constipants (antidouleurs opioïdes, antidépresseurs, certains antihypertenseurs, fer, calcium)
  • Hypothyroïdie (glande thyroïde peu active)
  • Diabète mal équilibré
  • Maladies neurologiques (Parkinson, sclérose en plaques)
  • Grossesse
  • Syndrome de l'intestin irritable à prédominance constipation (SII-C)

À noter : si vous avez récemment commencé un traitement médicamenteux et que votre transit s'est dégradé depuis, parlez-en à votre médecin ou pharmacien. Il existe souvent des alternatives moins constipantes.


Les symptômes associés à la constipation : au-delà de la fréquence des selles

La constipation ne se résume pas au nombre de fois où vous allez aux toilettes. Elle s'accompagne souvent d'un ensemble de symptômes qui altèrent le confort quotidien.

Les symptômes les plus fréquents

Symptômes courants associés à la constipation
SymptômeDescriptionType de constipation souvent associé
Selles dures, en boudins ou en billes Types 1 et 2 de l'échelle de Bristol Transit lent, constipation colique
Efforts de poussée importants Nécessité de forcer lors de la défécation Constipation terminale, dyschésie
Sensation d'évacuation incomplète L'impression que « tout n'est pas sorti » Constipation terminale
Ventre gonflé, ballonnements Accumulation de gaz liée au ralentissement du transit Constipation de transit
Douleurs ou crampes abdominales Contractions du côlon sous pression Les deux types
Nausées, perte d'appétit Souvent en cas de constipation sévère prolongée Constipation sévère ou chronique


Les signaux d'alarme : quand consulter un médecin sans attendre

La majorité des constipations sont bénignes et répondent bien aux mesures hygiéno-diététiques et aux solutions naturelles. Cependant, certains signes doivent alerter et conduire à une consultation médicale rapide, car ils peuvent signaler une maladie plus sérieuse.

Les signaux qui nécessitent une consultation urgente

  • Sang rouge dans les selles (rectorragies) : toujours à signaler, même si une hémorroïde est la cause probable
  • Selles noires, goudronneuses (méléna) : signe d'un saignement digestif haut, urgence médicale
  • Perte de poids inexpliquée associée à une constipation récente ou progressive
  • Fièvre persistante accompagnant des douleurs abdominales
  • Altération de l'état général : fatigue importante, pâleur, essoufflement
  • Apparition soudaine d'une constipation persistante après 50 ans, sans cause évidente
  • Constipation alternant avec des diarrhées, surtout si cela est nouveau dans votre vie
  • Douleurs abdominales intenses et continues, surtout si le ventre est dur à la palpation
  • Absence totale de selles et de gaz depuis 3 à 5 jours (occlusion possible)

Ces signaux ne signifient pas nécessairement une maladie grave, mais ils méritent toujours d'être explorés par un professionnel de santé. Ne tardez pas à consulter si vous les observez.

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Constipation chronique ou occasionnelle : quelle différence ?

On parle de constipation occasionnelle lorsque le ralentissement du transit est temporaire et lié à une cause identifiable : voyage, stress ponctuel, changement d'alimentation, médicament pris sur une courte durée. Elle disparaît généralement d'elle-même en quelques jours.

La constipation chronique, en revanche, est définie par les critères de Rome IV comme persistant depuis au moins 6 mois, avec des symptômes présents les 3 derniers mois. Elle nécessite une prise en charge plus globale et, souvent, un bilan médical pour en identifier la cause.

Qui est le plus touché par la constipation ?

La constipation est un phénomène très répandu. Voici les profils les plus fréquemment concernés :

  • Les femmes : deux fois plus touchées que les hommes, notamment en raison des fluctuations hormonales
  • Les personnes âgées : la motricité intestinale ralentit naturellement avec l'âge, et les médicaments pris augmentent souvent ce risque
  • Les femmes enceintes : la progestérone ralentit le transit, et l'utérus exerce une pression sur le côlon
  • Les personnes sédentaires : l'activité physique est un stimulant naturel du péristaltisme
  • Les personnes à faible apport en fibres ou eau


Questions fréquentes sur la constipation et ses critères

Est-ce normal de n'aller aux toilettes qu'une fois par semaine ?+

Médicalement, la plage normale des selles s'étend de 3 fois par jour à 3 fois par semaine. Aller aux toilettes une seule fois par semaine se situe donc en dehors de cette plage et correspond à un critère de constipation. Si cela ne vous gêne pas et que vos selles sont bien formées et faciles à évacuer, certains médecins restent prudents avant de poser un diagnostic. Mais si vous ressentez une gêne, des ballonnements ou des efforts, consultez un professionnel.
La constipation peut-elle provoquer des nausées ?+

Oui, tout à fait. Quand les matières fécales stagnent trop longtemps dans le côlon, le corps peut réagir par des nausées, une perte d'appétit, voire des maux de tête. Ce sont des signes que votre système digestif est surchargé et que la régulation du transit est nécessaire.
Comment différencier une constipation bénigne d'une constipation grave ?+

Une constipation bénigne est occasionnelle, répond bien aux ajustements alimentaires ou à une plante laxative douce, et disparaît en quelques jours. Elle devient préoccupante si elle est associée à du sang dans les selles, une perte de poids inexpliquée, de la fièvre, une altération de l'état général, ou si elle est apparue brutalement après 50 ans. Dans ces cas, une consultation médicale s'impose.
Qu'est-ce que la dyschésie et comment la reconnaître ?+

La dyschésie est une difficulté à évacuer les selles, même si elles sont bien formées. Elle est liée à un dysfonctionnement au niveau du rectum ou du canal anal, souvent une mauvaise coordination des muscles du plancher pelvien. On la reconnaît à la sensation de « blocage anal », aux efforts intenses nécessaires pour déféquer, et parfois à la nécessité d'aider manuellement l'évacuation. Elle se distingue de la constipation de transit (côlon lent) par le fait que la fréquence des selles peut être normale.
Les plantes laxatives sont-elles sans danger ?+

Les plantes à effet laxatif mécanique (riches en fibres ou en mucilages), comme le psyllium ou la mauve, sont généralement bien tolérées sur le long terme. En revanche, les plantes à effet laxatif stimulant (séné, bourdaine, rhubarbe, nerprun), dont l'usage est encadré par l'ESCOP et l'EMA, sont réservées à un usage ponctuel sur une durée maximale de 1 à 2 semaines. Un usage prolongé peut conduire à une dépendance et à un déséquilibre électrolytique. Consultez un professionnel de santé pour un accompagnement adapté.
Bibliographie+

Larousse des plantes médicinales - édition 2017 | Ma bible des secrets de phytothérapeutes - Leduc édition 2023 | Ma bible de l'herboristerie - Leduc édition 2018 | Ma bible des plantes qui soignent - Leduc édition 2022 | Le petit Larousse des plantes qui guérissent - édition 2019 | www.wikiphyto.org | www.vidal.fr | Le grand guide de la phytothérapie au quotidien - Rustica édition 2022 | www.altheaprovence.com | Critères de Rome IV — Gastroenterology, 2016 | Longstreth GF et al., Functional Bowel Disorders, Gastroenterology 2006

Les informations contenues dans cet article ne visent pas à diagnostiquer, traiter, guérir ou prévenir une maladie quelconque. Nous nous appuyons, pour écrire cet article, sur des usages traditionnels des plantes en phytothérapie. Les allégations concernant les bienfaits des plantes et des produits à base de plantes sont basées sur l'utilisation traditionnelle des plantes en phytothérapie. On retrouve ces informations de façon régulière et de manière confirmée en milieu scientifique et dans des ouvrages spécialisés en phytothérapie ou en médecine naturelle (voir bibliographie). Rédigé par Laura, conseillère en phytothérapie, en micronutrition et en rééquilibrage alimentaire et naturopathie, cet article présente des connaissances actuelles en science qui concernent le sujet abordé lors de sa mise à jour. La science évolue et progresse, ainsi, elle pourrait rendre cet article partiellement ou totalement obsolète. Aucun article de notre blog ne doit être considéré comme une alternative aux recommandations de votre professionnel de santé.

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