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Chlorophylle et hémoglobine : pourquoi l'ortie agit sur le sang
La chlorophylle de l'ortie partage une structure moléculaire quasi identique à celle de l'hémoglobine, la protéine qui donne au sang sa couleur rouge et transporte l'oxygène vers nos cellules. C'est ce lien biochimique, mis en évidence dès 1930 par le Prix Nobel Hans Fischer, qui fonde la réputation antianémique de l'ortie en phytothérapie. Contrairement à une simple plante riche en fer, l'ortie agit sur plusieurs leviers à la fois : chlorophylle, fer non héminique (fer végétal) et vitamine C, pour soutenir la production de globules rouges. Cette page détaille le mécanisme. Pour les indications pratiques complètes face à l'anémie et à la carence en fer, retrouvez notre page L'ortie pour l'anémie et la carence en fer : mécanismes d'action et usages.
L'ESSENTIEL À RETENIR
À lire en 30 secondes pour comprendre pourquoi l'ortie agit sur le sang.
- La chlorophylle de l'ortie partage une structure moléculaire quasi identique à celle de l'hémoglobine.
- La seule différence : un atome de magnésium dans la chlorophylle, contre un atome de fer dans l'hémoglobine.
- Ce pigment stimule la production de globules rouges (hématopoïèse) et aide à normaliser le taux d'hémoglobine.
- L'ortie contient également du fer non héminique (fer végétal), mieux absorbé en présence de vitamine C.
- La méthode de référence : infusion concentrée, 20 g de feuilles séchées pour 1,5 L d'eau, bocal hermétique, 30 min minimum.
- Contre-indication absolue : hémochromatose (surcharge en fer).
- L'usage de l'ortie est traditionnel et documenté, il ne remplace pas un bilan sanguin ni un avis médical.
Cette page se concentre sur le mécanisme biochimique qui explique l'action de l'ortie sur le sang. Pour une vue d'ensemble de toutes les propriétés de la plante, ses modes de préparation et ses précautions d'emploi, consultez le guide complet de l'ortie (Urtica dioïca).
La chlorophylle, le "sang vert" des plantes
Appelée "sang vert" dans la tradition herboriste, la chlorophylle est le pigment qui donne leur couleur aux feuilles d'ortie. Ce surnom poétique cache une réalité biochimique précise, qui explique pourquoi ce pigment a tant d'affinité avec notre organisme.
Une structure moléculaire quasi identique à l'hémoglobine
En 1930, le chimiste allemand Hans Fischer reçoit le Prix Nobel de chimie pour avoir mis en évidence la similitude de composition entre la chlorophylle et l'hémoglobine. Les deux molécules appartiennent à la famille des porphyrines, des pigments formés de quatre anneaux pyrroliques reliés entre eux. Leur architecture est remarquablement proche, à une exception près : l'atome central. Dans l'hémoglobine, c'est un atome de fer qui donne au sang sa couleur rouge. Dans la chlorophylle, c'est un atome de magnésium qui donne aux feuilles leur couleur verte.
| Caractéristique | Chlorophylle | Hémoglobine |
|---|---|---|
| Famille moléculaire | Porphyrine (métallo-chlorine) | Porphyrine (hème) |
| Atome central | Magnésium (Mg) | Fer (Fe) |
| Couleur | Verte (pigment végétal) | Rouge (pigment sanguin) |
| Rôle principal | Photosynthèse (capter l'énergie solaire) | Transport de l'oxygène dans le sang |
| Origine | Végétale (feuilles, algues) | Animale (globules rouges) |
Pourquoi cette proximité moléculaire intéresse la phytothérapie
Ce n'est pas parce que la chlorophylle se "transforme" en hémoglobine dans l'organisme, ce serait une simplification inexacte. C'est plutôt parce que cette affinité structurelle semble faciliter l'interaction de la chlorophylle avec les processus de formation du sang. Des études documentent que la prise de chlorophylle stimule la production de globules rouges et aide à normaliser le taux d'hémoglobine. Ces effets sont amplifiés lorsque l'apport en fer biodisponible est simultané, ce qui est précisément le cas avec l'ortie, naturellement riche en fer végétal.
Comment la chlorophylle de l'ortie soutient concrètement la qualité du sang
L'ortie ne se contente pas d'apporter de la chlorophylle : elle combine plusieurs mécanismes complémentaires qui en font une plante particulièrement adaptée au soutien du sang.
Stimulation de l'hématopoïèse, la production de globules rouges
L'hématopoïèse (du grec haima, sang, et poiein, fabriquer) désigne le processus par lequel l'organisme produit ses cellules sanguines, et notamment les globules rouges. Ces derniers transportent l'oxygène des poumons vers tous les tissus du corps grâce à leur hémoglobine. Lorsque leur nombre diminue ou que leur teneur en hémoglobine chute, c'est l'anémie qui s'installe, avec son cortège de fatigue, de pâleur et d'essoufflement. La chlorophylle contenue dans les feuilles d'ortie est documentée en phytothérapie pour sa capacité à stimuler cette production et à soutenir une formulation équilibrée de l'hémoglobine. L'ortie est ainsi décrite comme ANTIANÉMIQUE et TONIQUE GÉNÉRAL.
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Une action régulatrice sur le fer sanguin
L'un des aspects les plus intéressants de la chlorophylle de l'ortie est son action dite "harmonisante" sur le fer sanguin : elle contribuerait non seulement à élever l'hémoglobine en cas de carence, mais aussi à réguler les taux selon les besoins de l'organisme. Cette propriété régulatrice est ce qui distingue la plante d'une simple supplémentation en fer. Elle n'agit pas comme un apport brut, mais comme un modulateur doux du métabolisme ferrique. C'est aussi pourquoi, en dehors des cas d'hémochromatose (surcharge génétique en fer, contre-indication absolue), l'ortie est généralement bien tolérée par l'organisme.
Le conseil de Laura, conseillère en phytothérapie
"L'ortie est l'une des rares plantes qui cumule chlorophylle, fer végétal et vitamine C dans la même feuille, c'est-à-dire les trois éléments qui travaillent ensemble pour soutenir la qualité du sang. Pour optimiser l'absorption du fer végétal de l'ortie, j'associe toujours l'infusion à quelques gouttes de citron frais pressé dans la tasse. La vitamine C peut multiplier l'absorption du fer non héminique par deux à quatre. C'est un geste simple, mais vraiment efficace."
Fer végétal, vitamine C et absorption : le trio de l'ortie
L'ortie ne mise pas uniquement sur sa chlorophylle. Ses feuilles contiennent également du fer non héminique, c'est-à-dire du fer végétal (par opposition au fer héminique présent dans la viande). Ce type de fer est naturellement moins bien absorbé par l'intestin que le fer animal, mais la présence de vitamine C dans la même plante améliore significativement son assimilation. Associée à un jus de citron frais, l'infusion d'ortie devient ainsi une préparation particulièrement bien pensée pour soutenir les réserves en fer.
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Comment utiliser l'ortie pour soutenir la qualité du sang
Pour bénéficier pleinement de la chlorophylle et du fer végétal de l'ortie, le mode de préparation a son importance. Voici les repères pratiques pour une utilisation adaptée.
L'infusion concentrée en bocal hermétique
La méthode de référence, compatible avec les dosages de la monographie EMA (8 à 12 g de feuilles séchées par jour), est l'infusion en bocal hermétique. Comptez 20 g de feuilles séchées pour 1,5 L d'eau frémissante (non bouillante, pour préserver les principes actifs), bocal fermé, 30 minutes minimum, idéalement 12 heures selon la méthode du Dr Henri Leclerc. Prenez trois tasses par jour, de préférence avec un filet de citron frais, en cure d'au moins 10 jours consécutifs.
| Forme | Dosage | Conseil pratique |
|---|---|---|
| Infusion de feuilles séchées | 20 g pour 1,5 L, bocal hermétique, 30 min à 12 h | Ajouter un filet de citron pour optimiser l'absorption du fer |
| Poudre de feuilles | 1 c. à s. par jour saupoudrée sur les aliments | À associer à des aliments riches en vitamine C (poivron, persil) |
| Suc frais ou jus extracteur | 60 à 125 g de feuilles fraîches par jour, dilué dans de l'eau | Uniquement avec de l'ortie fraîche de confiance, hors zones polluées |
| Durée de cure | 10 jours minimum, jusqu'à 3 semaines | Vérifier les taux sanguins avant et après avec un professionnel de santé |
L'ortie s'intègre aussi facilement dans d'autres démarches alimentaires. Découvrez comment elle répond spécifiquement aux besoins des personnes suivant un régime sans viande dans notre article Ortie pour les végétariens : fer et protéines végétales.
Précautions essentielles à connaître
Même naturelle, l'ortie n'est pas sans précautions dans certains contextes. Voici les points de vigilance incontournables avant de commencer une cure :
- Hémochromatose : contre-indication absolue. Cette maladie génétique provoque une accumulation excessive de fer dans l'organisme, l'ortie, riche en fer et en chlorophylle régulatrice, est formellement déconseillée.
- Anticoagulants antagonistes de la vitamine K (AVK) : les feuilles d'ortie contiennent de la vitamine K, susceptible d'interférer avec ces traitements. Un avis médical est indispensable avant toute prise.
- Grossesse : l'usage traditionnel existe, mais certaines sources le contre-indiquent par précaution. Consultez votre médecin ou votre sage-femme avant toute prise.
- L'ortie ne remplace en aucun cas un bilan sanguin ni une supplémentation médicale prescrite. Elle s'inscrit dans une démarche complémentaire, sous conseil d'un professionnel de santé.
Important à savoir
Un taux de ferritine bas ou une anémie confirmée nécessitent un suivi médical. L'ortie peut soutenir une démarche de rééquilibrage, mais elle ne remplace pas un diagnostic ni un traitement prescrit par un professionnel de santé.
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Questions fréquentes sur la chlorophylle et l'ortie
Non, pas directement. La chlorophylle ne se "convertit" pas en hémoglobine dans l'organisme. En revanche, leur similitude structurelle (toutes deux appartiennent à la famille des porphyrines) semble favoriser une interaction positive avec les mécanismes de production du sang. Des études documentent que la prise de chlorophylle stimule la production de globules rouges et aide à normaliser le taux d'hémoglobine, sans que l'on parle de transformation directe d'une molécule en l'autre.
L'ortie est une bonne source de chlorophylle, mais elle ne détient pas le record absolu parmi les végétaux. Ce qui la distingue, c'est qu'elle associe chlorophylle, fer non héminique et vitamine C dans la même feuille, ce trio agissant en synergie pour soutenir la qualité du sang. C'est cette combinaison, plus que la teneur en chlorophylle seule, qui fait l'intérêt de l'ortie dans ce domaine.
Des études sur la chlorophylle et l'anémie montrent des effets mesurables en 10 à 16 jours chez des sujets anémiques. En pratique herboriste, on recommande une cure d'au minimum 10 jours, idéalement 3 semaines, avant d'évaluer les résultats. Un bilan sanguin (ferritine, hémoglobine) réalisé avant et après la cure est la seule façon objective de mesurer l'évolution.
Non. L'hémochromatose est une maladie génétique qui provoque une accumulation excessive de fer dans l'organisme. L'ortie, riche en fer végétal et en chlorophylle à action régulatrice du fer, est une contre-indication absolue dans ce cas. Si vous souffrez d'hémochromatose ou si vous avez un taux de fer sanguin élevé, évitez l'ortie sous toutes ses formes et consultez votre médecin.
Larousse des plantes médicinales, édition 2017 | Ma bible des secrets de phytothérapeutes, Leduc édition 2023 | Ma bible de l'herboristerie, Leduc édition 2018 | Ma bible des plantes qui soignent, Leduc édition 2022 | Le petit Larousse des plantes qui guérissent, édition 2019 | www.wikiphyto.org | www.vidal.fr | Le grand guide de la phytothérapie au quotidien, Rustica édition 2022 | www.altheaprovence.com | EMA/HMPC, Assessment report on Urtica dioica L., 2012 | Hans Fischer, Prix Nobel de chimie 1930 (composition structurelle chlorophylle et sang)
Les informations contenues dans cet article ne visent pas à diagnostiquer, traiter, guérir ou prévenir une maladie quelconque. Nous nous appuyons, pour écrire cet article, sur des usages traditionnels des plantes en phytothérapie. Les allégations concernant les bienfaits des plantes et des produits à base de plantes sont basées sur l'utilisation traditionnelle des plantes en phytothérapie. On retrouve ces informations de façon régulière et de manière confirmée en milieu scientifique et dans des ouvrages spécialisés en phytothérapie ou en médecine naturelle (voir bibliographie).
Rédigé par Laura, conseillère en phytothérapie, en micronutrition et en rééquilibrage alimentaire et naturopathie, cet article présente des connaissances actuelles en science qui concernent le sujet abordé lors de sa mise à jour. La science évolue et progresse, ainsi, elle pourrait rendre cet article partiellement ou totalement obsolète. Aucun article de notre blog ne doit être considéré comme une alternative aux recommandations de votre professionnel de santé.



