Guide complet de l'ortie - Bienfaits, propriétés et précautions d'emploi - Herboristerie Sensathé


Guide complet de l'ortie (Urtica dioïca) : bienfaits, propriétés et précautions d'emploi

L'ortie. Ce mot évoque immédiatement les brûlures de l'enfance, les balades dans les sous-bois et les jambes qui cuisent. Et pourtant, derrière ce mauvais caractère se cache l'une des plantes médicinales les plus complètes qui soient, et de loin l'une des plus accessibles. Urtica dioïca, la grande ortie, pousse partout en France , elle est reminéralisante, antianémique, tonique générale, dépurative, anti-inflammatoire… La liste de ses propriétés est longue, et c'est précisément pour cette raison qu'elle mérite qu'on s'y arrête vraiment.

Dans notre herboristerie, nous la conseillons depuis des années pour la fatigue chronique, les carences en fer, les douleurs articulaires et le soutien de la flore intestinale. Ce guide regroupe tout ce qu'il faut savoir avant de l'utiliser : identité botanique, propriétés médicinales documentées, méthodes de préparation, indications et précautions d'emploi essentielles. Retrouvez sur Sensathé nos feuilles d'ortie (Urtica dioïca) BIO sélectionnées pour leurs qualités et leurs bienfaits. 

L'ESSENTIEL À RETENIR

À lire en 30 secondes pour comprendre l'essentiel sur l'ortie.

  • L'ortie (Urtica dioïca) est une plante vivace de la famille des Urticacées, très commune en France.
  • Elle est exceptionnellement riche en fer, silice, calcium, magnésium, chlorophylle et protéines végétales (30 % de la masse sèche).
  • Ses principales propriétés : reminéralisante, antianémique, tonique générale, dépurative, diurétique et anti-inflammatoire.
  • La feuille est utilisée pour l'anémie, la fatigue, les rhumatismes, la digestion et les soins capillaires ; la racine est spécifique à la prostate et aux voies urinaires.
  • La méthode de référence reste l'infusion de feuilles séchées : 20 g pour 1,5 L d'eau, bocal hermétique, 30 minutes minimum.
  • Contre-indications absolues : hémochromatose (excès de fer) et prise d'anticoagulants antagonistes de la vitamine K.
  • Une fois séchée, l'ortie ne pique plus : elle peut s'utiliser en infusion, en poudre sur les plats ou en cuisine comme des épinards.
  • Privilégiez une ortie BIO en feuilles séchées, de préférence d'origine France, pour une concentration optimale en principes actifs.


Qu'est-ce que l'ortie ? Identité botanique

Avant d'en exploiter les vertus, il est utile de savoir exactement à quelle plante on a affaire : son nom scientifique, sa famille botanique, ses composés actifs et ce qui distingue les différentes espèces que l'on peut rencontrer en France.

Récolte d'ortie fraîche (Urtica dioica) dans un jardin de plantes médicinales au naturel - Herboristerie Sensathé

Urtica dioïca : espèce, famille des Urticacées, répartition en France

Urtica dioïca est une plante vivace de la famille des Urticacées, capable d'atteindre 50 cm à 1,5 m de hauteur. Elle repousse chaque année depuis ses rhizomes et ses racines pivotantes. Elle est dite « dioïque » parce que les pieds mâles et femelles sont séparés, chaque plant ne portant qu'un seul type de fleurs. On utilise en herboristerie les feuilles séchées, récoltées de préférence avant la floraison, et les racines, récoltées au printemps ou à l'automne.

L'ortie est extrêmement répandue en France, particulièrement dans le Nord et dans les zones enrichies en azote : lisières de forêts, bords de chemins, décombres et jardins. Elle se reconnaît à ses feuilles dentées, ovales et pointues, et à sa tige quadrangulaire, toutes deux couvertes de poils urticants. Les poils fonctionnent comme de minuscules seringues remplies d'acide formique, d'histamine et de formiate de sodium, dont la pointe en silice se casse au moindre contact. Bonne nouvelle : une fois séchée ou cuite, l'ortie ne pique plus du tout, la chaleur et le séchage dénaturent ces composés. Les détails botaniques complets sont développés dans notre guide botanique de l'Urtica dioica.

Principaux composés actifs : chlorophylle, silice, fer, protéines végétales

Les propriétés médicinales de l'ortie reposent sur une composition exceptionnellement riche, rare parmi les plantes médicinales européennes :

  • La chlorophylle : le pigment vert de l'ortie présente une structure moléculaire très proche de l'hémoglobine humaine, ce qui fonde son action antianémique et régulatrice du fer sanguin.
  • La silice : elle joue un rôle essentiel dans la synthèse du collagène, la protéine structurelle qui soutient os, cartilages, ongles et cheveux.
  • Le fer, le calcium, le magnésium : en quantités remarquables, à l'origine des propriétés reminéralisantes et fortifiantes de la plante.
  • Les protéines végétales : environ 30 % de la masse sèche, une teneur comparable à certaines légumineuses.
  • Les vitamines B1, C, E, le zinc, le sélénium et le manganèse : qui renforcent l'action antioxydante et facilitent l'absorption du fer non héminique.
Principaux constituants de la feuille d'ortie séchée (Urtica dioïca)
ConstituantRôle principalIndication associée
Chlorophylle Structure proche de l'hémoglobine, réparatrice intestinale Anémie, dysbiose, flore intestinale
Silice Formation du collagène, solidité des tissus Ostéoporose, ongles, cheveux, peau
Fer, calcium, magnésium Minéralisation, transport de l'oxygène Anémie, crampes, déminéralisation
Protéines végétales ~30 % de la masse sèche Dénutrition, régimes végétariens
Vitamines B1, C, E, zinc, sélénium Antioxydante, absorption du fer non héminique Fatigue, immunité, convalescence
Acide formique, histamine, formiate de sodium Composés urticants (inactivés à la chaleur ou au séchage) Flagellation thérapeutique (usage externe uniquement)


Urtica dioïca, Urtica urens et le lamier blanc : les confusions à éviter

En phytothérapie, deux espèces sont principalement utilisées : Urtica dioïca (la grande ortie, vivace) et Urtica urens (l'ortie brûlante, annuelle et monoïque). Cette dernière est plus petite, moins fibreuse et souvent plus agréable en cuisine, mais ses propriétés médicinales sont très proches. Quand vous achetez de l'ortie en vrac, il s'agit dans la grande majorité des cas de Urtica dioïca.

À ne pas confondre

  • Ortie dioïque (Urtica dioïca) et ortie brûlante (Urtica urens) : les deux espèces partagent les mêmes usages médicinaux, mais Urtica dioïca est la plus étudiée et la plus utilisée en phytothérapie.
  • Lamier blanc (Lamium album) et « ortie blanche » : le lamier blanc est improprement appelé ortie blanche. Il appartient à une famille botanique différente (les Lamiacées), ne pique pas et n'a pas les mêmes propriétés médicinales que les vraies orties.
  • Feuille et racine d'ortie : la feuille et la racine n'ont pas les mêmes indications. La racine est spécifiquement indiquée pour la prostate et les voies urinaires ; la feuille couvre les autres propriétés.


Quelles sont les propriétés de l'ortie ?

L'ortie est parfois qualifiée de « plante panacée » par les herboristes, c'est parfois excessif, mais pas totalement injustifié tant sa composition est rare parmi les plantes médicinales européennes. Voici les grandes familles de propriétés où elle se distingue le plus nettement.

Tableau récapitulatif des principales propriétés de l'ortie (Urtica dioïca)
Axe / domainePropriétés principalesSituations d'usage traditionnel
Reminéralisation et tonus général Reminéralisante, tonique générale, fortifiante. Fatigue chronique, asthénie, déminéralisation, convalescence, croissance.
Anémie et fer sanguin Antianémique, régulatrice du fer sanguin. Anémie ferriprive légère à modérée, carence en fer.
Articulations et rhumatismes Antirhumatismale, anti-inflammatoire, analgésique, uricosurique, diurétique. Rhumatismes, arthrose, douleurs articulaires chroniques, excès d'acide urique, goutte.
Digestion et flore intestinale Dépurative, réparatrice de la muqueuse intestinale, régulatrice de la glycémie, hypolipidémiante. Déséquilibres du microbiote, troubles digestifs, régulation de la glycémie.
Prostate et voies urinaires (racine) Antiprostatique, antiandrogène, anti-inflammatoire urinaire. Hyperplasie bénigne de la prostate, mictions fréquentes, énurésie (graines).
Peau, cheveux et saignements (externe) Tonique capillaire, hémostatique légère, astringente, cicatrisante, révulsive. Chute de cheveux, pellicules, dermatoses, épistaxis, plaies superficielles.


Propriétés reminéralisantes et nutritives : silice, fer, protéines

C'est probablement le domaine où l'ortie se distingue le plus nettement parmi les plantes médicinales européennes. Ses feuilles sèches contiennent des quantités remarquables de silice, calcium, magnésium, fer, zinc et sélénium, ainsi que des protéines végétales représentant environ 30 % de la masse sèche. La silice joue un rôle essentiel dans la formation du collagène et soutient la santé des os, des ongles, des cheveux et de la peau. C'est pour cette raison que l'ortie est qualifiée de TONIQUE GÉNÉRALE, REMINÉRALISANTE et FORTIFIANTE dans les référentiels de phytothérapie : elle nourrit l'organisme en profondeur, sur plusieurs plans à la fois.

Propriétés antianémiques : la chlorophylle structurellement proche de l'hémoglobine

La chlorophylle, le pigment vert de l'ortie, présente une structure moléculaire très proche de celle de l'hémoglobine humaine. Au cœur de la molécule de chlorophylle se trouve un atome de magnésium, là où l'hémoglobine contient un atome de fer. Cette parenté structurale explique pourquoi l'ortie est reconnue comme ANTIANÉMIQUE et RÉGULATRICE DU FER SANGUIN : elle aide l'organisme à corriger les carences, mais aussi à moduler un excès selon les besoins. Exception absolue : en cas d'hémochromatose (surcharge génétique en fer), l'ortie est formellement contre-indiquée.

Propriétés diurétiques, anti-inflammatoires et uricosuriques

L'ortie est un diurétique doux qui favorise l'élimination rénale des déchets acides et azotés. Elle est aussi URICOSURIQUE, c'est-à-dire qu'elle facilite l'élimination de l'acide urique par les reins. Ses propriétés ANTI-INFLAMMATOIRES et ANALGÉSIQUES en font un appui phytothérapeutique reconnu dans l'arthrose et les douleurs articulaires chroniques, tant en usage interne qu'externe.

Propriétés dépuratives, digestives et régulatrices de la glycémie

La chlorophylle de l'ortie agit comme un RÉPARATEUR DE LA MUQUEUSE INTESTINALE et contribue à rééquilibrer la flore intestinale (microbiote). L'ortie est à ce titre reconnue comme DÉPURATIVE, ASTRINGENTE et légèrement CHOLAGOGUE. Des études préliminaires évoquent également un rôle HYPOGLYCÉMIANT et HYPOLIPIDÉMIANT, ce qui en fait un soutien intéressant dans plusieurs troubles digestifs et métaboliques.

Propriétés en usage externe : tonique capillaire, peau et hémostatique

En application locale, l'ortie est TONIQUE CAPILLAIRE, ASTRINGENTE, HÉMOSTATIQUE LÉGÈRE et CICATRISANTE. Elle est utilisée traditionnellement contre la chute de cheveux, pour calmer les dermatoses et pour stopper les petits saignements. Elle possède également une propriété RÉVULSIVE lorsqu'elle est utilisée fraîche localement, qui stimule la circulation et soulage les douleurs articulaires.

Feuilles d'ortie et poudre riches en minéraux comme le fer et la silice pour soutenir l'organisme - Herboristerie Sensathé

Le conseil de Laura, conseillère en phytothérapie

En herboristerie, l'ortie est la plante que je recommande en premier dès qu'une personne me parle de fatigue chronique qui traîne, d'ongles qui se strient ou d'un coup de barre printanier qui ne passe pas. C'est une plante de fond, pas d'urgence : elle agit progressivement mais en profondeur. Sa densité nutritionnelle est vraiment rare parmi les plantes européennes, fer, silice, protéines, chlorophylle réunis dans une même feuille. Peu de plantes peuvent en dire autant.


Comment utiliser l'ortie ?

L'ortie se prête à de nombreuses formes de préparation selon l'indication visée, la partie de la plante utilisée et vos habitudes. Voici un tableau pratique pour retrouver rapidement la bonne méthode. Le détail complet de chaque préparation (recettes, dosages précis par indication, associations synergiques) est disponible dans notre guide comment utiliser l'ortie.

Tableau récapitulatif des méthodes d'utilisation de l'ortie selon l'indication
IndicationPréparationDosage indicatifDurée
Anémie, fatigue, reminéralisation Infusion bocal hermétique (feuilles) 20 g pour 1,5 L, 30 min à 12 h Cure 10 à 21 jours
Prostate, mictions fréquentes Décoction de racine 30 à 50 g pour 1 L, bouillir 5 à 10 min 2 à 4 tasses/jour
Usage quotidien (tonus, prévention) Poudre de feuilles sur aliments 1 c. à s. par jour saupoudrée Cure 10 jours minimum
Concentration élevée, sans alcool EPS (Extrait de Plantes Standardisé) 1 c. à c. par jour dans un verre d'eau Selon indication
Anémie (forme concentrée) Suc frais à l'extracteur 60 à 125 g/jour dilués dans l'eau Cure courte
Cheveux, peau, saignements Lotion, compresse (usage externe) Macération vinaigre 15 jours Application régulière


L'infusion d'ortie : la méthode de référence et le bocal hermétique

C'est la méthode de référence pour les feuilles séchées. La technique recommandée par le Dr Henri Leclerc consiste à placer 20 g de feuilles séchées dans un bocal hermétique contenant 1,5 L d'eau frémissante, à fermer le bocal immédiatement pour préserver les actifs volatils, et à laisser infuser 30 minutes (jusqu'à 12 heures pour une infusion longue). L'infusion se prend de préférence 20 minutes avant ou entre les repas, à raison de 3 tasses par jour. Il est important d'utiliser une eau frémissante (environ 80 à 90 °C) et non bouillante, et de couvrir immédiatement le récipient.

Le conseil de Laura, conseillère en phytothérapie

« La méthode du bocal hermétique change vraiment tout. Beaucoup de personnes préparent leur infusion dans une tasse ouverte et s'étonnent de ressentir peu d'effets. En fermant le récipient dès que vous versez l'eau frémissante, vous évitez que les principes actifs, notamment la chlorophylle, ne s'évaporent. Et un autre petit geste simple : ajoutez quelques gouttes de jus de citron frais dans votre verre au moment de boire. La vitamine C améliore significativement l'absorption du fer non héminique contenu dans l'ortie. »


Teinture mère, EPS, sirop maison et poudre en cuisine : aperçu des méthodes

Pour ceux qui souhaitent une concentration plus élevée ou davantage de praticité, il existe plusieurs alternatives : la teinture mère (macération alcoolique), l'EPS (sans alcool, concentration standardisée), le sirop maison à base de décoction et de miel, la poudre de feuilles séchées à saupoudrer sur les aliments, et le suc frais à l'extracteur pour les cures intensives. 

Usages externes : lotion capillaire, compresse, flagellation et huile solarisée

En usage externe, l'ortie se décline en lotion capillaire contre la chute de cheveux et les pellicules, en lotion purifiante pour les dermatoses, en compresse hémostatique pour les petites plaies, en huile solarisée pour les massages articulaires, et en flagellation thérapeutique avec l'ortie fraîche pour les douleurs rhumatismales. À noter : la lotion capillaire fonce légèrement les cheveux clairs.

Préparation pour un sirop d'ortie - Herboristerie Sensathé

Quand utiliser l'ortie ? Les indications principales

L'ortie est l'une des rares plantes dont les indications couvrent autant de domaines différents. Voici les principales situations dans lesquelles elle est traditionnellement recommandée. Retrouvez le guide complet par besoin de santé et par indication dans notre guide bienfaits de l'ortie.

Ortie et anémie / carence en fer

Grâce à sa chlorophylle structurellement proche de l'hémoglobine et à sa teneur en fer végétal, l'ortie est l'une des premières plantes recommandées face à une anémie ferriprive légère à modérée. Attention : contre-indiquée absolument en cas d'hémochromatose.

Ortie et déminéralisation / fatigue chronique

C'est probablement l'indication la plus fréquente. L'ortie est indiquée en cas de fatigue persistante, d'asthénie, de crampes nocturnes, d'ongles qui se strient ou cassent, et lors des périodes de convalescence. Son action reminéralisante et tonique générale en fait un soutien de fond précieux, à renouveler 3 à 4 fois par an.

Ortie et articulations / rhumatismes / acide urique

Grâce à ses propriétés antirhumatismales, anti-inflammatoires, analgésiques et uricosuriques, l'ortie soulage les douleurs articulaires chroniques, l'arthrose et les crises de goutte. Elle aide à éliminer l'acide urique en excès via les reins, en usage interne comme en usage externe.

Ortie et prostate / voies urinaires (racine)

C'est ici surtout la racine d'ortie qui est utilisée. Elle est antiprostatique, antiandrogène et anti-inflammatoire urinaire : elle bloque partiellement la conversion de la testostérone en DHT, hormone impliquée dans l'hyperplasie bénigne de la prostate. La racine d'ortie ne remplace en aucun cas un suivi médical spécialisé.

Ortie et digestion / flore intestinale

La chlorophylle de l'ortie répare et nourrit la muqueuse intestinale. Elle est indiquée en cas de déséquilibre du microbiote, de troubles digestifs chroniques et de dérèglements de la glycémie, toujours en complément d'un suivi médical lorsqu'une pathologie est diagnostiquée.

Partie de la plante utilisée selon l'indication en phytothérapie
IndicationPartie utiliséeForme recommandée
Anémie, carence en fer Feuille Infusion concentrée bocal hermétique, suc frais, poudre
Fatigue, déminéralisation, ostéoporose Feuille Infusion, EPS, poudre saupoudrée sur aliments
Rhumatismes, arthrose, goutte Feuille Infusion, flagellation avec ortie fraîche (externe)
Digestion, dysbiose, glycémie Feuille Infusion avant repas, EPS
Hyperplasie de la prostate, mictions Racine Décoction, extrait fluide, gélules 300 mg
Énurésie, incontinence Graine Teinture : 15 à 30 gouttes, 3 fois/jour
Chute de cheveux, pellicules Feuille / racine Lotion capillaire (macération vinaigre 15 jours)
Ortie utilisée pour soulager les articulations et les rhumatismes naturellement - Herboristerie Sensathé

Précautions et contre-indications de l'ortie

L'ortie est une plante très bien tolérée dans le cadre d'une utilisation raisonnée. Mais comme toute plante médicinale active, elle n'est pas anodine dans certaines situations. Voici les points essentiels à connaître.

Avertissement

Les informations ci-dessous sont données à titre informatif et ne remplacent en aucun cas l'avis d'un médecin ou d'un pharmacien. En cas de doute, de grossesse, d'allaitement, de traitement médical en cours ou de symptômes qui durent, consultez un professionnel de santé avant d'utiliser l'ortie à des fins médicinales.


Vitamine K : interaction avec les anticoagulants

L'ortie est riche en vitamine K, une vitamine qui joue un rôle dans la coagulation sanguine. Les personnes sous anticoagulants antagonistes de la vitamine K (AVK, comme la warfarine ou l'acénocoumarol) doivent impérativement demander un avis médical avant toute consommation d'ortie, car elle peut modifier l'efficacité de leur traitement. Il s'agit d'une contre-indication à ne pas minimiser.

Grossesse, lithium, hémochromatose : contre-indications

  • Hémochromatose (excès de fer génétique) : contre-indication absolue. L'apport supplémentaire en fer pourrait aggraver la surcharge.
  • Grossesse : traditionnellement utilisée pour ses apports en fer, mais certaines sources la déconseillent par précaution. Demander l'avis de votre sage-femme ou médecin.
  • Lithium : l'ortie pourrait diminuer la lithémie (taux de lithium dans le sang). Un avis médical est requis pour les patients sous lithium.
  • Insuffisance rénale : à fortes doses et sur la durée, l'ortie peut réduire la production d'urine. À éviter ou à utiliser avec grande prudence.


Durée de cure, doses recommandées et effets indésirables possibles

À doses raisonnables (infusion standard, cure de 10 à 21 jours), l'ortie est très bien supportée. Quelques effets indésirables rares peuvent apparaître chez certaines personnes : ballonnements, bouche sèche, légère hypotension sur le long terme. Des réactions allergiques exceptionnelles ont été rapportées (urticaire, oedème). En cas de cure longue durée, il peut être utile d'associer l'ortie avec de la réglisse pour limiter l'effet asséchant des muqueuses.

Le conseil de Laura, conseillère en phytothérapie

« Si vous prenez des anticoagulants ou si vous avez un doute sur vos interactions médicamenteuses, ne renoncez pas à l'ortie sans en avoir d'abord parlé à votre médecin. Dans de nombreux cas, une consommation modérée, en cuisine par exemple, dans une soupe ou un pesto, est envisageable avec un suivi adapté. Ce n'est pas la même chose qu'une cure d'infusion concentrée. Et si vous avez une hémochromatose diagnostiquée, là en revanche, l'ortie est vraiment à éviter, quelle que soit la forme. »


Ortie BIO en feuilles séchées : choisir la qualité

La qualité de l'ortie que vous choisissez conditionne directement l'efficacité que vous en tirerez. L'ortie étant une plante accumulatrice, elle absorbe ce qui se trouve dans son sol : pesticides, métaux lourds, nitrates. Le choix d'une plante médicinale BIO de qualité n'est donc pas un simple argument marketing, c'est une condition essentielle à son innocuité.

  • Certification biologique : une ortie BIO garantit l'absence de pesticides et de métaux lourds.
  • Origine traçable : une ortie d'origine France ou d'Europe du Nord est préférable. La plante est très commune en Europe : il n'y a aucune raison de l'importer de loin.
  • Séchage à basse température : un séchage doux (40 °C maximum) préserve la chlorophylle, les vitamines et les minéraux. Une feuille bien séchée est d'un vert sombre profond, sans jaunissement.
  • Conditionnement hermétique : à l'abri de la lumière, de l'humidité et de l'air pour préserver les actifs jusqu'à utilisation.

Ortie BIO en vrac Sensathé

Nous proposons une ortie (Urtica dioïca) BIO en vrac, feuilles séchées à basse température pour conserver toute la richesse en chlorophylle, silice et minéraux.

Ortie BIO en vrac

Questions fréquentes sur l'ortie

L'ortie pique-t-elle encore quand elle est séchée ?+

Non. Une fois séchée, l'ortie ne pique plus du tout. Les composés responsables de l'urticance, l'acide formique, l'histamine et le formiate de sodium contenus dans les poils urticants, sont dénaturés par le séchage ou la chaleur. C'est pourquoi l'ortie séchée peut être manipulée à mains nues, préparée en infusion ou saupoudrée sur vos aliments sans aucun risque. Il en va de même pour l'ortie cuite : dès qu'elle est plongée dans l'eau chaude, elle perd instantanément son pouvoir urticant.
Quelle est la différence entre ortie dioïque et ortie brûlante ?+

Urtica dioïca (grande ortie ou ortie dioïque) est une plante vivace, elle pousse chaque année depuis ses rhizomes. Elle peut atteindre 1,5 m. Ses pieds mâles et femelles sont séparés.

Urtica urens (ortie brûlante) est annuelle, plus petite, monoïque (fleurs des deux sexes sur le même pied) et moins fibreuse, certains la trouvent plus agréable en cuisine. Les deux espèces ont des usages médicinaux très proches.

Urtica dioïca est la plus utilisée en phytothérapie et la plus documentée. Si vous achetez de l'ortie en vrac ou en tisane, il s'agit dans la grande majorité des cas de feuilles d'Urtica dioïca.
Peut-on utiliser l'ortie tous les jours sur le long terme ?+

L'ortie peut être consommée régulièrement, mais avec quelques nuances selon le cas.
  • Pour un usage tonique et reminéralisant, des cures de 10 à 21 jours, répétées 3 à 4 fois par an, sont généralement recommandées.
  • Un usage quotidien et prolongé sur plusieurs mois est possible chez la plupart des personnes, mais peut provoquer, chez certaines, une légère hypotension ou une sensation de sécheresse des muqueuses (bouche, peau). Dans ce cas, il suffit de faire des pauses ou d'associer l'ortie avec de la réglisse.
  • Les personnes sous traitement médicamenteux (anticoagulants, lithium) ou atteintes d'hémochromatose ou d'insuffisance rénale doivent consulter leur médecin avant toute cure prolongée.
Peut-on prendre de l'ortie pendant la grossesse ?+

La question est débattue. L'ortie a été traditionnellement utilisée pendant la grossesse pour ses apports en fer et en minéraux. Certains ouvrages de phytothérapie la recommandent même spécifiquement pour prévenir les carences en fer chez la femme enceinte. Cependant, d'autres sources la déconseillent par excès de prudence, estimant que ses effets sur l'utérus ne sont pas suffisamment documentés à fortes doses. Le consensus actuel est de ne pas l'utiliser en automédication pendant la grossesse sans l'accord de votre médecin ou sage-femme. À faible dose dans un plat cuisiné (soupe, pesto), elle est généralement considérée sans risque.
Bibliographie+

Larousse des plantes médicinales - édition 2017 | Ma bible des secrets de phytothérapeutes - Leduc édition 2023 | Ma bible de l'herboristerie - Leduc édition 2018 | 80 recettes originales à faire vous-même avec les plantes - édition 1986 | Ma bible des plantes qui soignent - Leduc édition 2022 | Le petit Larousse des plantes qui guérissent - édition 2019 | www.wikiphyto.org | www.vidal.fr | Le grand guide de la phytothérapie au quotidien - Rustica édition 2022 | www.altheaprovence.com


Les informations contenues dans cet article ne visent pas à diagnostiquer, traiter, guérir ou prévenir une maladie quelconque. Nous nous appuyons, pour écrire cet article, sur des usages traditionnels des plantes en phytothérapie. Les allégations concernant les bienfaits des plantes et des produits à base de plantes sont basées sur l'utilisation traditionnelle des plantes en phytothérapie. On retrouve ces informations de façon régulière et de manière confirmée en milieu scientifique et dans des ouvrages spécialisés en phytothérapie ou en médecine naturelle (voir bibliographie).

Rédigé par Laura, conseillère en phytothérapie, en micronutrition et en rééquilibrage alimentaire et naturopathie, cet article présente des connaissances actuelles en science qui concernent le sujet abordé lors de sa mise à jour. La science évolue et progresse, ainsi, elle pourrait rendre cet article partiellement ou totalement obsolète. Aucun article de notre blog ne doit être considéré comme une alternative aux recommandations de votre professionnel de santé.


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