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Urticaceae : La famille des plantes reminéralisantes à poils urticants
Ortie piquante, pariétaire, petite ortie... Ces plantes que l'on frôle parfois par mégarde dans un fossé ou un chemin creux partagent toutes une même identité botanique : elles appartiennent à la famille des Urticaceae, aussi appelées Urticacées. La famille compte environ 2 600 espèces réparties dans 54 genres, présentes sur tous les continents, des zones tempérées aux régions tropicales humides, avec une concentration notable dans l'hémisphère nord. Leur signe de reconnaissance le plus célèbre, le poil urticant, leur a longtemps valu une mauvaise réputation.
Pourtant, derrière cette réputation douloureuse se cachent quelques-unes des plantes les plus riches en minéraux de notre flore sauvage, utilisées en herboristerie depuis des millénaires aussi bien pour leurs vertus reminéralisantes que pour leurs propriétés anti-inflammatoires, drainantes et hormonales. Cette page vous propose une vue d'ensemble de la famille et de ses grandes orientations thérapeutiques. Elle s'inscrit dans notre dossier complet sur les grandes familles botaniques de plantes médicinales.
L'ESSENTIEL À RETENIR
À lire en 30 secondes pour comprendre l'essentiel sur la famille des Urticacées.
- Les Urticacées (Urticaceae) sont une famille de plantes dicotylédones de l'ordre des Rosales, comptant environ 2 600 espèces, à ne pas confondre avec les Ortillées (un ancien classement aujourd'hui abandonné).
- Leur signature distinctive : des trichomes urticants (poils en ampoule) qui libèrent au contact un mélange d'acide formique, d'histamine et de sérotonine, responsable de la brûlure cutanée caractéristique.
- Leur chimie végétale est dominée par des flavonoïdes (quercétine, rutine), de l'acide silicique, des lectines (UDA), des phytostérols et une richesse minérale exceptionnelle : fer, calcium, magnésium, potassium.
- L'espèce vedette est la grande ortie (Urtica dioica), dont les feuilles et la racine sont toutes deux utilisées en phytothérapie pour des indications différentes.
- Les propriétés reconnues de la famille sont principalement reminéralisantes, drainantes, dépuratives, anti-inflammatoires, antiallergiques, et pour la racine, utiles dans les troubles de la prostate.
- La racine d'ortie bénéficie d'une reconnaissance officielle ESCOP et Commission E allemande dans la prise en charge des symptômes de l'hyperplasie bénigne de la prostate (HBP).
- Les Urticacées sont aussi des légumes sauvages d'excellence : l'ortie perd tout pouvoir urticant à la cuisson et s'utilise en soupe, pesto, galette ou smoothie vert.
- Quelques précautions s'imposent : les Urticacées sont contre-indiquées en cas d'œdèmes d'origine cardiaque ou rénale et peuvent interagir avec les anticoagulants et les diurétiques médicamenteux.
Qu'est-ce que la famille des Urticacées ?
La famille des Urticacées rassemble des plantes herbacées, arbustives ou, plus rarement, arborescentes, de l'ordre des Rosales, une parenté éloignée qui les rapproche des Ormeaux, des Chanvres ou encore des Figuiers. Son nom vient du genre Urtica, issu du latin urere, "brûler", en référence directe à la sensation provoquée par les poils urticants. La famille est largement cosmopolite, présente dans les zones tempérées comme sous les tropiques, avec une préférence pour les sols riches en azote : lisières de forêts, bords de chemins, décombres et jardins. En Europe, deux espèces dominent : la grande ortie (Urtica dioica), plante vivace pouvant atteindre 2 mètres, et la petite ortie (Urtica urens), plante annuelle plus discrète mais aux propriétés urticantes plus marquées.
Les Urticacées se distinguent botaniquement par leurs feuilles opposées et dentées, leurs fleurs petites et verdâtres pollinisées par le vent (anémophiles), et leurs fruits en akène. Un autre trait caractéristique de la famille : les cystolithes, de minuscules concrétions de carbonate de calcium visibles dans les cellules de l'épiderme foliaire, que l'on peut observer à la loupe comme de petits points brillants. Pour la description botanique complète de la famille, la morphologie florale et les clés d'identification, consultez notre page dédiée : botanique et caractéristiques des plantes de la famille des Urticacées.
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Les plantes médicinales emblématiques des Urticacées
Malgré sa taille modeste dans nos pharmacopées européennes, la famille des Urticacées compte quelques plantes d'un intérêt thérapeutique réel et bien documenté, utilisées depuis des siècles en herboristerie et, pour certaines, reconnues par les autorités sanitaires européennes. Ce tableau présente les principales représentantes médicinales et leurs grandes orientations d'usage. Les propriétés détaillées, les dosages officiels et les formes d'utilisation recommandées sont développés dans notre page dédiée.
| Nom commun | Nom latin | Partie utilisée | Usage principal reconnu |
|---|---|---|---|
| Grande ortie | Urtica dioica | Feuilles, racine, graines | Reminéralisation, rhumatismes, prostate (HBP), allergies |
| Petite ortie | Urtica urens | Parties aériennes | Dépuration printanière, drainage, usage homéopathique |
| Pariétaire officinale | Parietaria officinalis | Parties aériennes | Voies urinaires, lithiase rénale, adoucissante respiratoire |
| Pariétaire de Judée | Parietaria judaica | Parties aériennes | Voies urinaires, anti-inflammatoire (médecine traditionnelle méditerranéenne) |
| Ramie | Boehmeria nivea | Feuilles, tiges | Hémostatique, anti-infectieuse (médecine traditionnelle asiatique) |
Pour retrouver toutes les plantes médicinales de la famille avec leurs usages principaux, leurs parties utilisées et leurs noms latins, consultez : Les plantes médicinales de la famille des Urticacées : liste complète.
Les principes actifs qui font la force des Urticacées
Si les Urticacées, et l'ortie en particulier, sont aussi précieuses en phytothérapie depuis des siècles, c'est grâce à une chimie végétale d'une remarquable richesse et cohérence. Le grand fil conducteur de la famille, ce sont les flavonoïdes, notamment la quercétine et la rutine, que l'on retrouve en quantités significatives dans les feuilles d'ortie.
Ces molécules sont reconnues pour leurs propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires. À ces flavonoïdes s'associent des acides phénoliques (acide chlorogénique, acide caféique), des polysaccharides, des tanins et, dans la racine, des phytostérols spécifiques comme le bêta-sitostérol, qui expliquent l'action de la racine sur la prostate.
Un autre atout majeur des Urticacées est leur profil minéral exceptionnel : l'ortie concentre du fer, du calcium, du magnésium, du potassium et de la silice organique sous forme d'acide silicique, assimilable par l'organisme. Les feuilles contiennent également des lectines spécifiques (UDA, Urtica dioica agglutinine), des vitamines C, K, B2 et B5 et des caroténoïdes.
Enfin, les trichomes urticants eux-mêmes renferment de l'acide formique, de l'histamine et de la sérotonine, dont l'action locale a été utilisée en urticothérapie traditionnelle. Pour les propriétés thérapeutiques détaillées de chaque plante et les dosages reconnus par l'EMA et l'ESCOP, consultez notre page : Les bienfaits des plantes Urticacées (Urticaceae).
Le conseil de Laura, conseillère en phytothérapie
"On a tendance à penser à l'ortie uniquement en tisane reminéralisante de printemps, et c'est déjà très bien ! Mais en pratique, je l'utilise différemment selon la partie de la plante : les feuilles pour la fatigue, les carences et le soutien articulaire, la racine pour le confort urinaire masculin, les graines pour leur richesse en acides gras. Ce n'est pas la même plante selon ce qu'on en fait, et c'est toute la richesse des Urticacées."
| Famille de molécules | Molécules clés | Propriétés associées |
|---|---|---|
| Flavonoïdes | Quercétine, rutine, isoquercitrine, kaempférol | Antioxydante, anti-inflammatoire, antiallergique |
| Acides phénoliques | Acide chlorogénique, acide caféique | Antioxydante, anti-inflammatoire |
| Lectines & polysaccharides | UDA (Urtica dioica agglutinine) | Immunomodulatrice, action sur la prostate |
| Minéraux & acide silicique | Fer, calcium, magnésium, potassium, silice organique | Reminéralisation, fortifiante, soutien osseux et capillaire |
| Phytostérols | Bêta-sitostérol, scopolétol | Soutien prostatique, anti-inflammatoire (racine) |
| Vitamines & pigments | Vitamines C, K, B2, B5, chlorophylle, caroténoïdes | Antioxydante, hématopoïétique, reminéralisante |
Les Urticacées au jardin
L'ortie est souvent considérée comme une "mauvaise herbe" à éradiquer, alors qu'elle est en réalité une précieuse alliée du jardinier écologique. La grande ortie (Urtica dioica) s'installe volontiers sur les sols riches en azote, à mi-ombre, et colonise rapidement un espace si on la laisse faire. Pour en profiter sans qu'elle envahisse tout le jardin, mieux vaut la limiter dans un coin dédié en coupant ses rhizomes régulièrement. La petite ortie (Urtica urens), annuelle, se ressème seule d'une année sur l'autre. La pariétaire, elle, pousse spontanément sur les vieux murs et les façades exposées au sud, d'où son nom populaire de "perce-murs".
Au-delà de la récolte à des fins médicinales ou culinaires, l'ortie est un biostimulant végétal incontournable : le purin d'ortie, obtenu par macération des feuilles dans l'eau, constitue un engrais naturel azoté et un stimulant des défenses des plantes, compatible avec un jardin en permaculture ou en agriculture biologique. Pour les conseils complets de plantation, d'entretien, de dates de récolte et de techniques de conservation, consultez notre guide pratique : L'Urticaceae au jardin : culture et récolte des plantes de la famille.
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Points de vigilance avec les Urticacées
Les Urticacées sont généralement bien tolérées aux doses recommandées en phytothérapie. Certaines situations méritent cependant d'être connues avant toute utilisation régulière ou thérapeutique.
- Œdèmes d'origine cardiaque ou rénale : l'action diurétique des Urticacées est contre-indiquée lorsque les œdèmes sont liés à une insuffisance cardiaque ou rénale. L'automédication dans ces cas peut aggraver la situation.
- Grossesse : par mesure de précaution, l'usage thérapeutique des feuilles d'ortie est déconseillé pendant la grossesse, en l'absence de données cliniques suffisantes. Un usage alimentaire ponctuel reste néanmoins sans risque démontré.
- Anticoagulants : la richesse en vitamine K des feuilles d'ortie peut interférer avec les traitements anticoagulants de type anti-vitamine K (AVK). Une surveillance accrue est recommandée chez les patients sous traitement.
- Médicaments diurétiques : l'association avec des diurétiques médicamenteux peut potentialiser l'élimination rénale et déséquilibrer l'équilibre électrolytique. Un avis médical est conseillé.
- Allergie aux pollens de pariétaire : la pariétaire est l'un des principaux allergènes polliniques des régions méditerranéennes. Les personnes allergiques à ses pollens doivent impérativement éviter toute préparation à base de Parietaria.
- Calculs rénaux en phase aiguë : la stimulation diurétique peut être contre-productive lors d'une crise urolithiasique. Consultez un médecin avant toute prise.
Pour la liste complète des contre-indications, des interactions médicamenteuses et des situations particulières (enfants, pathologies spécifiques, allaitement), consultez notre page dédiée : Précautions et contre-indications avec les plantes Urticacées (Urticaceae).
Bon à savoir
La confusion entre "feuilles d'ortie" et "racine d'ortie" est très fréquente en herboristerie, et pourtant ce ne sont pas les mêmes usages. Les feuilles (Urticae herba) sont reconnues pour leurs propriétés reminéralisantes, drainantes et anti-inflammatoires articulaires. La racine (Urticae radix), elle, est spécifiquement indiquée dans les troubles urinaires liés à la prostate. Deux parties de la même plante, deux monographies officielles distinctes, deux indications thérapeutiques bien séparées : vérifiez toujours quelle partie est contenue dans votre préparation avant de l'utiliser.
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Questions fréquentes sur les plantes Urticacées
Une Urticacée est une plante appartenant à la famille botanique des Urticaceae, dans l'ordre des Rosales. On la reconnaît à ses feuilles opposées, dentées et stipulées, à ses fleurs petites, verdâtres, sans pétales, groupées en grappes ou panicules et pollinisées par le vent. Le critère le plus fiable pour les espèces urticantes : la présence de trichomes urticants sur les tiges et les feuilles, visibles à l'œil nu. Un autre critère microscopique, les cystolithes (cristaux de carbonate de calcium dans les cellules épidermiques), est caractéristique de la famille mais nécessite une loupe ou un microscope. Le fruit est un akène (petit fruit sec indéhiscent contenant une seule graine), enveloppé dans le périanthe persistant.
La grande ortie (Urtica dioica) est une plante vivace pouvant atteindre 1,5 à 2 mètres. Elle est dioïque, c'est-à-dire que les pieds mâles et femelles sont séparés. C'est l'espèce principalement utilisée en phytothérapie européenne, aussi bien pour ses feuilles que pour sa racine, avec des monographies officielles distinctes. La petite ortie (Urtica urens) est une plante annuelle, plus petite (30 à 60 cm), monoïque (fleurs mâles et femelles sur le même pied), aux propriétés urticantes souvent plus intenses. Elle est davantage utilisée pour ses effets dépuratifs et diurétiques, et entre dans la composition de nombreuses préparations homéopathiques. Les deux espèces partagent un socle chimique commun mais ne sont pas interchangeables pour tous les usages.
La racine d'ortie (Urtica dioica radix) bénéficie d'une reconnaissance officielle de l'ESCOP et de la Commission E allemande dans le soulagement des troubles urinaires fonctionnels liés à l'hyperplasie bénigne de la prostate (HBP), une augmentation bénigne (non cancéreuse) du volume de la glande prostatique. Des études cliniques ont montré une amélioration du débit urinaire et une réduction des symptômes associés (envies fréquentes, difficultés à uriner, sensation de vidange incomplète). Elle est souvent associée au palmier nain (Serenoa repens) dans les formules phytothérapiques. Important : la racine d'ortie traite les symptômes fonctionnels, pas la cause, et un suivi médical régulier reste indispensable pour tout problème prostatique.
Oui, tout à fait ! L'ortie perd intégralement son pouvoir urticant dès qu'elle est cuite, mixée, séchée ou pressée en jus. Les jeunes pousses récoltées avant floraison (de mars à mai, avec des gants) sont les plus tendres et les plus savoureuses. On peut les préparer en soupe, en pesto, en galette, en risotto ou en smoothie vert. Leur valeur nutritionnelle est remarquable : riches en fer, calcium, magnésium, vitamines C et K et chlorophylle, elles constituent un véritable légume sauvage à haute densité nutritionnelle. Les graines d'ortie, récoltées en fin d'été, sont également comestibles et peuvent être saupoudrées sur les plats.
La pariétaire (Parietaria officinalis et Parietaria judaica) est les deux à la fois, et c'est toute sa particularité. D'un côté, c'est une plante médicinale ancienne, utilisée depuis l'Antiquité pour ses propriétés diurétiques et son action bénéfique sur les voies urinaires, notamment pour faciliter l'élimination des petits calculs rénaux. De l'autre, c'est l'un des principaux allergènes polliniques des régions méditerranéennes, en particulier dans le sud de la France, en Italie et sur le pourtour méditerranéen. Ses pollens très légers, libérés presque toute l'année, sont responsables de rhinites allergiques, de conjonctivites et parfois d'asthme. Les personnes allergiques aux pollens de pariétaire doivent impérativement éviter toute préparation à base de cette plante.
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Les informations contenues dans cet article ne visent pas à diagnostiquer, traiter, guérir ou prévenir une maladie quelconque. Nous nous appuyons, pour écrire cet article, sur des usages traditionnels des plantes en phytothérapie. Les allégations concernant les bienfaits des plantes et des produits à base de plantes sont basées sur l'utilisation traditionnelle des plantes en phytothérapie. On retrouve ces informations de façon régulière et de manière confirmée en milieu scientifique et dans des ouvrages spécialisés en phytothérapie ou en médecine naturelle (voir bibliographie). Rédigé par Laura, conseillère en phytothérapie, en micronutrition et en rééquilibrage alimentaire et naturopathie, cet article présente des connaissances actuelles en science qui concernent le sujet abordé lors de sa mise à jour. La science évolue et progresse, ainsi, elle pourrait rendre cet article partiellement ou totalement obsolète. Aucun article de notre blog ne doit être considéré comme une alternative aux recommandations de votre professionnel de santé.
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