Verbascum thapsus  botanique, composition et histoire du bouillon blanc - Herboristerie Sensathé

Verbascum thapsus : botanique, composition et histoire du bouillon blanc

Avec sa haute silhouette dressée, ses grandes feuilles laineuses et ses épis de fleurs jaunes lumineux, le bouillon blanc est l'une des plantes médicinales les plus reconnaissables de nos paysages européens. Son nom scientifique, Verbascum thapsus L., désigne l'espèce officinale de référence, celle que l'on retrouve dans la Pharmacopée européenne sous le nom de Verbasci flos. Plante médicinale connue et utilisée depuis plus de 2 000 ans, elle accompagne l'être humain de l'Antiquité à nos jours. Cette page explore son identité botanique, sa composition phytochimique et son histoire. Pour ses usages médicinaux complets, ses préparations et ses précautions, consultez notre guide complet du bouillon blanc.

L'ESSENTIEL À RETENIR

À lire en 30 secondes pour comprendre l'essentiel sur la botanique du bouillon blanc.

  • Nom scientifique : Verbascum thapsus L., famille des Scrophulariacées. Noms courants : molène bouillon blanc, molène commune, grande molène, cierge de Notre-Dame, herbe de Saint Fiacre.
  • Plante bisannuelle : rosette de feuilles duveteuses la première année, hampe florale dressée de 1 à 2 mètres la seconde.
  • Feuilles caractéristiques : grandes, épaisses, recouvertes d'un feutrage dense de poils étoilés blanc argenté.
  • Fleurs jaunes en épi dense : floraison de juin à septembre, éphémères, très mellifères.
  • Trois espèces officinales : V. thapsus, V. phlomoides et V. densiflorum, toutes reconnues par la Pharmacopée européenne sous le nom Verbasci flos.
  • Principes actifs clés : mucilages (environ 3 %), saponines, iridoïdes, flavonoïdes (lutéoline, quercétine, rutine), esters de l'acide caféique.
  • Reconnue par l'EMA pour un usage traditionnel établi sur les voies respiratoires (monographie EMA/HMPC/611537/2016).
  • Histoire millénaire : citée par Hippocrate, Dioscoride, Pline l'Ancien et Hildegarde de Bingen.


Qu'est-ce que le bouillon blanc ? Identité botanique

Le bouillon blanc, que l'on retrouve également sous le nom de molène, appartient au genre Verbascum, famille des Scrophulariacées, qui regroupe plus de 300 espèces. Verbascum thapsus L. est l'espèce officinale de référence, reconnaissable à sa haute silhouette bisannuelle : une large rosette de feuilles laineuses gris-blanc la première année, puis une imposante hampe florale cylindrique de 1 à 2 mètres couverte de fleurs jaunes éphémères la seconde. Ses feuilles épaisses recouvertes d'un feutrage de poils étoilés blanc argenté, et sa tige cotonneuse non anguleuse, sont ses traits botaniques les plus distinctifs.

Origine et répartition géographique

Verbascum thapsus est originaire d'Europe, d'Asie occidentale et d'Afrique du Nord. On le rencontre des îles Britanniques et de la Scandinavie jusqu'à la Chine et l'Himalaya, du niveau de la mer jusqu'à 1 800 mètres d'altitude. Il affectionne les milieux ouverts et ensoleillés : bords de routes, talus, terrains vagues, friches, clairières, sols pauvres et bien drainés. Aujourd'hui naturalisé en Amérique du Nord, en Australie et en Nouvelle-Zélande, il est parfois considéré comme une adventice dans ces régions.

Feuilles duveteuses et fleurs jaunes du bouillon blanc, détails botaniques de Verbascum thapsus - Herboristerie Sensathé

Les espèces officinales de bouillon blanc

Le terme « bouillon blanc » désigne couramment plusieurs espèces du genre Verbascum. En phytothérapie, trois d'entre elles sont reconnues par la Pharmacopée européenne sous l'appellation Verbasci flos : Verbascum thapsus, Verbascum phlomoides et Verbascum densiflorum. Leurs caractères morphologiques sont proches mais distincts, et des confusions sont fréquentes en herboristerie. Pour les identifier et les comparer en détail, consultez notre page dédiée : les variétés de bouillon blanc : Verbascum thapsus, phlomoides et thapsiforme.

Composition phytochimique : ce que contient le bouillon blanc

La fleur de bouillon blanc est la partie la plus riche en principes actifs. On y trouve principalement des mucilages (environ 3 %), des saponines, des iridoïdes (aucuboside, harpagoside), des flavonoïdes (lutéoline, quercétine, rutine), des esters de l'acide caféique, des sucres (environ 11 %) et des tanins. Les feuilles contiennent des molécules voisines, mais en proportions différentes. C'est cette synergie de composés qui confère au bouillon blanc ses propriétés adoucissantes, expectorantes et anti-inflammatoires, reconnues par l'Agence Européenne du Médicament (EMA).

Pour une analyse détaillée du rôle de chaque molécule et de son mécanisme d'action sur l'organisme, consultez notre page : mucilages, saponosides, flavonoïdes du bouillon blanc : ce qui le rend efficace.

Histoire et étymologie : une plante médicinale millénaire

L'usage du bouillon blanc est documenté depuis plus de 2 000 ans. Hippocrate, Dioscoride et Pline l'Ancien le citaient déjà pour les affections pulmonaires et les plaies. Au Moyen Âge, sa tige séchée et enduite de poix servait de flambeau lors des processions, d'où son surnom de cierge de Notre-Dame. Hildegarde de Bingen puis le botaniste Dodoens (XVIe s.) en précisèrent les usages, et en 1868 le phytothérapeute Cazin le qualifiait encore de pectoral, adoucissant et antispasmodique. Un jugement que l'EMA confirme aujourd'hui.

Côté étymologie, Verbascum vient du latin barbascum (de barba, barbe), en référence à l'aspect hirsute de la plante. Thapsus renvoie à la ville grecque antique de Thapsos. Le mot « bouillon » viendrait de son usage en décoction bouillie, et « blanc » de son duvet argenté caractéristique.

Selon une vieille croyance populaire, Ulysse aurait emporté cette plante pour se protéger des ruses de la sorcière Circé, preuve du prestige quasi magique dont jouissait le bouillon blanc dans l'Antiquité.

Récolte manuelle des fleurs de bouillon blanc utilisées en phytothérapie traditionnelle - Herboristerie Sensathé

Parties utilisées, récolte et conservation

En phytothérapie, on utilise principalement les fleurs séchées (Verbasci flos), mais aussi les feuilles selon les préparations. Les fleurs, éphémères, s'ouvrent une à une et doivent être récoltées chaque matin au fil de la floraison. Leur forte teneur en eau les rend délicates à sécher.

Pour les bonnes pratiques de cueillette et de séchage, retrouvez notre guide : récolter et sécher le bouillon blanc. Pour les durées de conservation et les erreurs à éviter : conserver le bouillon blanc séché. Une plante bien séchée et bien conservée est une plante qui développe tous ses bienfaits dans les préparations et remèdes naturels. 

Précautions d'emploi

Le bouillon blanc est généralement bien toléré. Par précaution, il est déconseillé pendant la grossesse et l'allaitement, et son usage chez les enfants de moins de 12 ans nécessite un avis médical. Filtrez toujours votre infusion avec un filtre fin : les poils de la plante peuvent irriter les muqueuses de la gorge s'ils ne sont pas retenus. Pour la liste complète des contre-indications et des cas particuliers : contre-indications du bouillon blanc : qui doit faire attention et pourquoi.

Le conseil de Laura, conseillère en phytothérapie

Le bouillon blanc a traversé les siècles sans perdre sa légitimité, ce qui en dit long sur son efficacité. Sa particularité botanique la plus utile à retenir pour bien l'utiliser ? La brièveté de sa floraison : chaque fleur ne s'ouvre que quelques heures. Récolter au bon moment et sécher rapidement, c'est la condition pour obtenir une plante active. Un bouillon blanc bien séché doit rester jaune vif, pas brunâtre, c'est le signe que ses mucilages sont intacts.

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Nous proposons des fleurs de bouillon blanc (Verbasci flos) BIO en vrac, récoltées à la main au fil de leur floraison pour une concentration optimale en mucilages et principes actifs. Séchage soigneux à basse température pour préserver toute leur efficacité.

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Fleurs séchées de bouillon blanc en herboristerie, plante médicinale utilisée pour les voies respiratoires - Herboristerie Sensathé

Questions fréquentes sur la botanique du bouillon blanc

Quelle est la différence entre le bouillon blanc et la molène ?+

Il n'y en a pas vraiment : « molène » est le nom français générique de toutes les plantes du genre Verbascum. Le bouillon blanc (Verbascum thapsus) est donc une molène parmi d'autres, que l'on appelle plus précisément molène bouillon blanc ou molène commune. Le terme « molène » seul peut désigner plusieurs espèces voisines, ce qui peut prêter à confusion en herboristerie.
Pourquoi s'appelle-t-il « cierge de Notre-Dame » ?+

Ce surnom vient d'un usage médiéval : la haute tige du bouillon blanc, séchée et enduite de poix ou de suif, servait de flambeau lors des processions funèbres et des cérémonies religieuses. Sa ressemblance avec un grand cierge lui a valu ce nom, que l'on retrouve aussi sous la forme « bâton de Notre-Dame » ou « bâton de la Vierge ».
Quelle partie du bouillon blanc utilise-t-on en phytothérapie ?+

Ce sont avant tout les fleurs séchées (Verbasci flos) qui sont reconnues par la Pharmacopée européenne. Les feuilles entrent aussi en jeu pour certaines préparations externes. Autrefois, les racines étaient également employées, comme le rapportent Dioscoride et Dodoens, mais cet usage est aujourd'hui beaucoup moins courant.
L'EMA reconnaît-elle le bouillon blanc ?+

Oui. L'Agence Européenne du Médicament (EMA) reconnaît l'usage traditionnel établi des fleurs de bouillon blanc (Verbasci flos) pour soulager les maux de gorge associés à la toux sèche et au rhume (monographie EMA/HMPC/611537/2016). Cette reconnaissance concerne les trois espèces officinales : V. thapsus, V. phlomoides et V. densiflorum.
Comment distinguer les différentes espèces de bouillon blanc ?+

Les trois espèces officinales (V. thapsus, V. phlomoides et V. densiflorum) se ressemblent et sont souvent confondues. Leurs différences portent sur la forme de la tige, la taille des fleurs et le caractère décurrent des feuilles. 
Bibliographie+

Larousse des plantes médicinales, édition 2017 | Ma bible des secrets de phytothérapeutes, Leduc édition 2023 | Ma bible de l'herboristerie, Leduc édition 2018 | Ma bible des plantes qui soignent, Leduc édition 2022 | Le petit Larousse des plantes qui guérissent, édition 2019 | Grand Manuel de phytothérapie, Dr Éric Lorrain, Dunod 2019 | Traité pratique de phytothérapie, Jean-Michel Morel | Plantes médicinales, Francis Debaisieux et J.-M. Polèse | www.wikiphyto.org | www.vidal.fr | www.ansm.sante.fr | European Union herbal monograph on Verbascum thapsus L., V. densiflorum Bertol. (V. thapsiforme Schrad) and V. phlomoides L., flos, EMA/HMPC/611537/2016 | Le grand guide de la phytothérapie au quotidien, Rustica édition 2022 | www.altheaprovence.com

Les informations contenues dans cet article ne visent pas à diagnostiquer, traiter, guérir ou prévenir une maladie quelconque. Nous nous appuyons, pour écrire cet article, sur des usages traditionnels des plantes en phytothérapie. Les allégations concernant les bienfaits des plantes et des produits à base de plantes sont basées sur l'utilisation traditionnelle des plantes en phytothérapie. On retrouve ces informations de façon régulière et de manière confirmée en milieu scientifique et dans des ouvrages spécialisés en phytothérapie ou en médecine naturelle (voir bibliographie). Rédigé par Laura, conseillère en phytothérapie, en micronutrition et en rééquilibrage alimentaire et naturopathie, cet article présente des connaissances actuelles en science qui concernent le sujet abordé lors de sa mise à jour. La science évolue et progresse, ainsi, elle pourrait rendre cet article partiellement ou totalement obsolète. Aucun article de notre blog ne doit être considéré comme une alternative aux recommandations de votre professionnel de santé.

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