Comment réaliser une décoction de plantes médicinales ? 

La décoction, c'est l'une des méthodes les plus anciennes de l'herboristerie. Bien avant les gélules et les extraits standardisés, les herboristes faisaient mijoter racines, écorces et rhizomes dans de l'eau pour en extraire toute la richesse. Un geste simple, presque instinctif, qui traverse les grandes traditions médicinales, de l'Ayurveda à la médecine traditionnelle chinoise, en passant par l'herboristerie européenne.

Ce qui distingue la décoction des autres méthodes de préparation, c'est sa puissance d'extraction. Là où l'infusion accompagne en douceur les parties aériennes et délicates de la plante, la décoction va chercher les principes actifs logés dans les structures les plus résistantes : racines, écorces, bois, graines dures, rhizomes. Ces parties ligneuses et fibreuses ont besoin d'une ébullition prolongée pour s'ouvrir et libérer leurs composés bioactifs, flavonoïdes, tanins, alcaloïdes, dissous dans l'eau de cuisson.

Sur cette page, vous trouverez tout ce qu'il faut savoir pour réaliser une décoction de plantes médicinales correctement : le matériel nécessaire, les étapes pas à pas, les plantes qui s'y prêtent le mieux, les erreurs fréquentes à éviter, et en quoi cette méthode se distingue de l'infusion ou de la macération.

L'ESSENTIEL À RETENIR

À lire en 30 secondes pour comprendre l'essentiel sur la décoction de plantes médicinales.

  • La décoction consiste à faire mijoter les parties dures de la plante, racines, écorces, rhizomes, dans une eau froide portée à ébullition douce.
  • Elle se distingue de l'infusion, méthode douce réservée aux fleurs et feuilles qui ne supportent pas l'ébullition.
  • La règle d'or : plus la partie de la plante est dure et dense, plus la décoction s'impose.
  • Les proportions de référence : 20 g de plantes séchées pour 750 ml d'eau froide, soit environ 3 à 4 tasses par jour.
  • Le couvercle est indispensable pendant toute la durée de la cuisson pour préserver les principes actifs volatils.
  • Le temps de décoction varie selon la plante : 5 à 10 minutes pour les graines, jusqu'à 45 minutes pour les écorces les plus dures.
  • Une décoction se conserve 24 à 48 heures maximum dans un bocal hermétique placé au réfrigérateur.
  • En cas de doute sur la méthode à utiliser, la texture de la plante est votre meilleur guide, ou consultez un herboriste.
Pour aller plus loin, découvrez également toutes les méthodes de l'herboristerie pour utiliser vos plantes en vrac sur notre page dédiée.


Qu'est-ce qu'une décoction ?

La définition de la décoction est une méthode de préparation de tisane qui consiste à faire bouillir des plantes médicinales en vrac dans de l'eau, à feu doux et sur une durée prolongée. C'est une extraction aqueuse par la chaleur, plus intense et plus longue que l'infusion, qui permet d'aller chercher les principes actifs logés au cœur des parties les plus résistantes de la plante.

En herboristerie, on parle de décoction dès que la plante ou la partie végétale utilisée ne peut pas libérer ses composés bioactifs par simple contact avec une eau chaude. Une racine de gingembre, une écorce de cannelle ou un rhizome d'astragale, par exemple, ne "s'ouvrent" pas en infusion. Leurs structures ligneuses et fibreuses sont trop denses. Seule une ébullition douce et maintenue dans le temps permet de dissoudre dans l'eau ce que la plante a mis des années à construire.

C'est aussi ce qui rend la décoction particulièrement intéressante en phytothérapie. Elle produit une extraction concentrée, avec un effet totum respecté : l'ensemble des constituants de la plante agissent ensemble, en synergie, plutôt qu'isolément. Parmi les composés les plus fréquemment extraits par décoction, on retrouve :

  • les tanins, aux propriétés astringentes et protectrices des muqueuses,
  • les flavonoïdes, reconnus pour leur action antioxydante et anti-inflammatoire,
  • les alcaloïdes, dont les effets varient fortement selon la plante concernée,
  • les polysaccharides, présents notamment dans les racines adaptogènes comme l'astragale ou l'ashwagandha.

Ce qui peut sembler plus "technique" que l'infusion reste en réalité très accessible. Il faut une casserole, de l'eau froide, des plantes en vrac et un peu de patience. La décoction demande juste un peu plus de présence, mais elle n'a rien d'une opération complexe.

Décoction de plantes médicinales - Herboristerie Sensathé

Comment réaliser une décoction ?

Comme nous venons de le voir, la décoction demande peu de matériel et reste simple à réaliser. Elle se prépare toujours dans une casserole, ce qui la distingue d'emblée de l'infusion. Voici les quantités de référence, puis les étapes pas à pas.

Quantités moyennes :

Pour 750 ml d’eau froide (soit environ 500 ml obtenue après ébullition) :

  • 20 g de plantes séchées en vrac
  • ou 40 g de plantes fraîches

Posologie

  • Boire 3 à 4 tasses (500 ml) par jour 
  • Peut s’utiliser en externe sur la peau, les cheveux, en bain de bouche, etc

Conservation

  • 24 à 48 h maximum dans un bocal hermétique, placé au réfrigérateur ou dans un endroit frais



Le matériel nécessaire :

  • Une casserole en inox ou en verre (éviter l'aluminium)
  • Un couvercle
  • De l'eau froide, idéalement filtrée ou de source
  • Des plantes médicinales en vrac, séchées ou fraîches
  • Une passoire fine
  • Une tasse ou un bocal pour recueillir la décoction


Préparation de la décoction, étape par étape :

  1. Placer les plantes dans la casserole en respectant les quantités indiquées, puis couvrir d'eau froide. C'est un point important : on ne verse pas l'eau chaude sur les plantes, on part toujours d'une eau froide.
  2. Porter à ébullition à feu moyen, couvercle posé sur la casserole pour limiter l'évaporation des principes actifs. 
  3. Réduire le feu dès l'ébullition et laisser mijoter à frémissement doux pendant 5 à 30 minutes selon la plante et la partie utilisée.
  4. Éteindre le feu et laisser reposer 5 à 10 minutes supplémentaires pour continuer d'extraire les principes actifs. 
  5. Filtrer la décoction à travers une passoire fine pour séparer le marc de plante du liquide.
  6. Verser dans une tasse et boire chaud ou tiède, selon les préférences, ou l'utiliser en soin externe.
  7. Placer le reste de la décoction au frais.

Selon les goûts, une cuillère à café de miel peut adoucir une décoction un peu amère. Certaines plantes comme la réglisse, la menthe, l’anis vert, la camomille allemande ou la cannelle apportent naturellement une saveur plus ronde et agréable au mélange.

Durée de décoction selon la partie de plante utilisée
Partie de planteExemples de plantesDurée de décoctionConseil pratique
Graines concassées Fenouil, fenugrec, cardamome 5 à 10 min Concasser légèrement au mortier avant de mettre dans l'eau froide
Rhizomes frais Gingembre, curcuma 10 à 15 min Trancher finement pour favoriser l'extraction
Racines séchées Bardane, réglisse, pissenlit, ashwagandha 20 à 30 min Partir toujours d'une eau froide, couvercle posé dès le départ
Écorces et bois durs Cannelle, saule blanc, aubier de tilleul 30 à 45 min Maintenir un frémissement doux, éviter les gros bouillons


Quelles plantes se prêtent à la décoction ?

En herboristerie, le choix de la méthode de préparation dépend avant tout de la partie de la plante que l'on utilise. La décoction est réservée aux parties dures, denses, ligneuses ou fibreuses, celles qui nécessitent une chaleur prolongée pour libérer leurs principes actifs. Si vous vous demandez si une plante se fait en décoction ou en infusion, la réponse est souvent dans la texture : plus c'est dur et résistant, plus la décoction s'impose.

En règle générale, la décoction est idéale pour :

  • Les racines : ce sont les candidates les plus courantes en décoction. La racine de pissenlit, la racine de réglisse, la bardane ou encore l'ashwagandha ont besoin d'une ébullition soutenue pour livrer leurs composés bioactifs.
  • Les rhizomes : le gingembre et le curcuma en sont les exemples les plus connus. Tranchés finement avant la cuisson, ils donnent une décoction particulièrement aromatique et concentrée.
  • Les écorces : l'écorce de cannelle, l'écorce de saule blanc ou encore l'aubier de tilleul entrent dans cette catégorie. Leur structure compacte demande une extraction longue pour révéler pleinement leurs actifs.
  • Les bois et parties ligneuses : moins courants en herboristerie domestique, mais très utilisés dans les traditions médicinales asiatiques et ayurvédiques.
  • Les graines dures : le fenouil, la cardamome ou le fenugrec, légèrement concassés au mortier avant la cuisson, se prêtent bien à une courte décoction.
  • Certaines baies séchées : l'argousier, le goji ou la baie d'églantine, dont la peau épaisse nécessite une cuisson pour s'ouvrir complètement.

L'idée à retenir est simple :

  • Plus la plante est dure et dense, plus la décoction lui convient.
  • Plus la plante est tendre et aérienne (feuille, fleur, sommité fleurie), plus l'infusion reste la méthode adaptée.

Ce repère suffit dans la grande majorité des cas. Et quand on ne sait pas, la fiche de la plante ou le conseil d'un herboriste permet toujours de trancher rapidement.

Préparation d’une décoction de plantes médicinales en casserole inox sur gaz, avec plantes en vrac sur le plan de travail. - Herboristerie Sensathé

Les bienfaits de la décoction

La décoction a un atout majeur que l'infusion ne peut pas toujours offrir : sa capacité à extraire des principes actifs profondément enfouis dans les parties les plus résistantes de la plante. C'est une méthode puissante, respectueuse de l'effet totum, et particulièrement appréciée en phytothérapie pour son efficacité sur le long terme.

Ses principaux avantages se résument ainsi :

  • Extraction concentrée et complète : la chaleur prolongée libère des composés bioactifs que ni l'infusion ni la macération ne peuvent atteindre dans les parties dures de la plante.
  • Respect de l'effet totum : tous les constituants de la plante, tanins, flavonoïdes, alcaloïdes, polysaccharides, agissent ensemble en synergie, ce qui est au cœur de l'approche phytothérapeutique.
  • Méthode accessible et économique : une casserole, de l'eau et des plantes en vrac suffisent. Pas besoin d'équipement spécifique ni de transformation préalable.
  • Polyvalence thérapeutique : la décoction s'adapte à un large spectre de plantes médicinales et d'intentions, du soutien digestif avec la racine de pissenlit ou de réglisse, au soutien articulaire avec l'écorce de saule blanc, en passant par le soutien immunitaire avec l'astragale ou l'ashwagandha.
  • Boisson chaude réconfortante : au-delà de ses vertus phytothérapeutiques, la décoction s'inscrit dans un rituel quotidien simple, une pause chaude et consciente, qui contribue à elle seule au bien-être général.
  • Bonne conservation sur 24 heures : préparée le matin, elle peut se consommer tout au long de la journée, froide ou réchauffée, sans perdre l'essentiel de ses qualités.
  • Complémentaire de l'infusion : dans un protocole de phytothérapie, décoction et infusion se combinent souvent naturellement, chaque méthode ciblant les parties de la plante qui lui correspondent le mieux.

Quand privilégier la décoction ?

La décoction s'intègre facilement dans une routine quotidienne, à condition de lui réserver un petit moment de préparation. Elle se choisit souvent selon l'intention du moment et la plante que l'on souhaite utiliser. En herboristerie, on la privilégie dans plusieurs situations :

  • Le matin, en démarrage de journée : une décoction de gingembre et de curcuma, par exemple, est un excellent point de départ pour une journée tonique. Plus concentrée qu'une infusion, elle s'apprécie en petite quantité, comme un shot chaud et aromatique qui réveille en douceur.

  • En période de changement de saison : c'est le moment où l'organisme a le plus besoin de soutien. Les plantes adaptogènes comme l'astragale ou l'ashwagandha, qui se préparent exclusivement en décoction, sont particulièrement indiquées pour accompagner ces transitions et soutenir l'immunité naturelle.

  • En soutien digestif après un repas lourd : certaines racines comme la bardane ou le pissenlit, préparées en décoction, soutiennent le foie et facilitent le travail digestif. Une tasse tiède après le repas peut suffire à faire la différence sur le confort intestinal.

  • Dans les périodes de fatigue prolongée : la décoction de plantes reminéralisantes ou tonifiantes, comme la prêle ou la racine d'astragale, apporte une extraction plus riche en minéraux et en polysaccharides que ce qu'une simple infusion permettrait d'obtenir.

  • En soutien articulaire ou musculaire : l'écorce de saule blanc, réputée pour ses propriétés naturellement apaisantes sur les articulations, ne libère ses principes actifs que par décoction. C'est un exemple typique où le choix de la méthode conditionne directement l'efficacité.

  • Quand on travaille avec des plantes de la médecine traditionnelle chinoise ou ayurvédique : ces traditions ont largement recours à la décoction comme mode de préparation de référence. Les racines, rhizomes et écorces qui composent ces formules ancestrales sont presque toujours destinés à être décoctés.

  • En cure sur plusieurs jours : c'est souvent comme ça qu'on tire le meilleur parti de la décoction. On prend l'habitude de la préparer le matin, on la conserve au frais dans un bocal, et on la boit au fil de la journée. Un rituel simple, qui s'installe naturellement et qui donne du sens à l'utilisation des plantes médicinales au quotidien.


Les erreurs courantes à éviter et les précautions à prendre

Une décoction ratée, c'est rarement la faute de la plante. Le plus souvent, ce sont quelques petits détails de préparation qui font la différence entre une tasse agréable et efficace, et une boisson trop amère, trop fade ou tout simplement décevante. Voici les points essentiels à garder en tête.

Les erreurs les plus fréquentes

  • Partir d'une eau chaude ou bouillante : c'est l'erreur la plus courante chez les débutants. En décoction, on place toujours les plantes dans l'eau froide avant de chauffer. Ce démarrage progressif favorise une extraction douce et homogène des principes actifs.
  • Oublier le couvercle : sans couvercle, une partie des composés volatils s'échappe avec la vapeur, et l'eau s'évapore trop vite. Le couvercle conditionne directement la qualité de la décoction.
  • Laisser bouillir à gros bouillons : une ébullition trop vigoureuse dégrade certains principes actifs thermosensibles et donne une décoction trop concentrée, souvent amère et désagréable. On vise un frémissement doux et régulier, pas une ébullition agressive.
  • Décocter trop longtemps : au-delà du temps recommandé, certaines plantes libèrent des composés secondaires qui alourdissent le goût et peuvent modifier les effets recherchés. Il est important de respecter le temps conseillé. 
  • Négliger la qualité de la plante : une plante ancienne, mal conservée, sans odeur marquée, donnera inévitablement une décoction pauvre. Une bonne conservation dans un bocal hermétique, à l'abri de la lumière et de l'humidité, change tout.
  • Utiliser une casserole en aluminium : ce métal peut réagir avec certains composés végétaux et altérer la composition de la décoction. On privilégie toujours l'inox, le verre ou la céramique.
  • Ne pas filtrer immédiatement : laisser le marc de plante dans la décoction après la cuisson prolonge l'extraction de façon non maîtrisée. On filtre dès la fin du temps de cuisson, sans attendre.

Les précautions à prendre

  • Respecter les quantités et les durées : la décoction est une extraction concentrée. Plus ne signifie pas mieux. Un excès de plante ou un temps de cuisson trop long peut modifier les effets et provoquer des réactions indésirables.
  • Être attentif dans certaines situations particulières : femmes enceintes ou allaitantes, enfants, personnes âgées ou fragilisées, et personnes sous traitement médical. Certaines plantes médicinales ne sont pas compatibles avec tous les profils ou tous les médicaments.
  • Ne pas confondre toutes les plantes : certaines plantes vendues en vrac se ressemblent visuellement mais n'ont pas les mêmes propriétés ni les mêmes précautions d'emploi. En cas de doute sur l'identification d'une plante, on ne l'utilise pas.
  • Demander conseil à un professionnel de santé : avant de démarrer une cure de phytothérapie, surtout sur une durée prolongée, l'avis d'un médecin, d'un pharmacien ou d'un herboriste reste la démarche la plus sûre et la plus adaptée à votre situation personnelle.

Décoction vs infusion - Herboristerie Sensathé

Décoction ou infusion : quelles différences ?

On confond parfois les deux méthodes, et c'est bien compréhensible. Elles partagent le même point de départ, de l'eau et des plantes, mais leurs logiques d'extraction sont fondamentalement différentes.

L'infusion, c'est la méthode douce. On verse une eau chaude, jamais bouillante, sur les parties les plus aériennes et délicates de la plante. Le contact avec l'eau chaude suffit à libérer leurs composés aromatiques, leurs flavonoïdes et leurs molécules fragiles. Trop de chaleur les détruirait. L'infusion convient parfaitement aux :

  • fleurs : camomille, lavande, hibiscus
  • feuilles : mélisse, verveine, menthe
  • sommités fleuries : millepertuis, origan, thym


La décoction
, elle, travaille par la force.
Les racines, écorces, rhizomes et graines dures ont des parois cellulaires épaisses que l'eau chaude seule ne peut pas traverser. Il faut une ébullition prolongée pour briser ces structures et en extraire les composés bioactifs en profondeur. La décoction est la méthode de référence pour :

  • les racines : gingembre, réglisse, bardane, pissenlit
  • les rhizomes : curcuma, astragale, ashwagandha
  • les écorces : cannelle, saule blanc, aubier de tilleul
  • les graines dures : fenouil, fenugrec, cardamome


La règle à retenir est finalement très simple : plus la partie de la plante est dure et dense, plus la décoction s'impose. Plus elle est tendre et aérienne, plus l'infusion lui convient. Un gingembre en infusion restera fade. Une camomille en décoction perdra l'essentiel de ce qui la rend précieuse.

En pratique, les deux méthodes se complètent naturellement dans une approche de phytothérapie au quotidien. Si vous souhaitez maîtriser l'autre technique, découvrez notre guide complet pour réussir une infusion de plantes médicinales.

Questions fréquentes sur la décoction

Quelle est la différence entre une décoction et une infusion ?+

L'infusion consiste à verser une eau chaude (80-95°C) sur des parties tendres de la plante, fleurs, feuilles, sommités fleuries, et à laisser reposer quelques minutes. La décoction, elle, part d'une eau froide dans laquelle on plonge les parties dures, racines, écorces, rhizomes, que l'on porte ensuite à ébullition pendant 15 à 45 minutes. La règle est simple : plus la plante est dure, plus la décoction s'impose.
Quelle est la différence entre une décoction et une macération ?+

La macération extrait les principes actifs sans aucune chaleur : on laisse les plantes tremper dans l'eau froide pendant plusieurs heures, voire toute une nuit. Parcourez notre guide complet sur la réalisation d'une macération à froid

La décoction, au contraire, utilise la chaleur d'une ébullition prolongée pour forcer l'extraction des composés enfouis dans les parties les plus résistantes. La macération préserve les molécules les plus fragiles ; la décoction va chercher ce que ni l'eau froide ni l'eau chaude ne peuvent atteindre seules.
Comment savoir si une plante se fait en décoction ou en infusion ?+

Tout est dans la texture. Une partie dure, dense ou ligneuse, racine, écorce, rhizome, graine, se prépare en décoction. Une partie tendre et aérienne, fleur, feuille, sommité fleurie, se prépare en infusion. En cas de doute, la fiche de la plante ou le conseil d'un herboriste reste la référence la plus fiable.
Combien de temps faut-il faire bouillir une décoction ?+

Le temps de décoction varie selon la plante et la partie utilisée : Rhizomes frais (gingembre, curcuma) : 10 à 15 minutes Racines séchées (bardane, réglisse, pissenlit) : 20 à 30 minutes Écorces et bois durs (cannelle, saule blanc) : 30 à 45 minutes Graines concassées (fenouil, fenugrec) : 5 à 10 minutes Au-delà du temps recommandé, certains composés secondaires se libèrent et peuvent alourdir le goût ou modifier les effets.
Peut-on faire une décoction avec n'importe quelle plante ?+

Non. Certaines plantes à composés aromatiques volatils ou thermosensiblescamomille, mélisse, verveine, lavande — perdent l'essentiel de leurs principes actifs à l'ébullition. La décoction est réservée aux plantes dont les parties dures nécessitent une chaleur prolongée pour s'ouvrir. Utiliser la mauvaise méthode, c'est obtenir une préparation bien moins efficace, voire sans effet.
La décoction est-elle plus forte que l'infusion ?+

Pas systématiquement, mais elle est plus concentrée. La chaleur prolongée et soutenue de la décoction extrait des composés bioactifstanins, alcaloïdes, polysaccharides — que l'infusion ne peut pas atteindre dans les parties dures. Sur les plantes qui lui conviennent, la décoction produit une extraction plus complète et plus puissante. Sur les plantes délicates, elle serait au contraire destructrice.
Combien de temps se conserve une décoction ?+

Une décoction se conserve 24 à 48 heures maximum, dans un bocal hermétique placé au réfrigérateur. Au-delà, elle peut se dégrader et perdre ses propriétés. L'idéal reste de la préparer le matin et de la consommer dans la journée, froide ou légèrement réchauffée.
Peut-on sucrer ou aromatiser une décoction ?+

Oui, tout à fait. Une cuillère à café de miel ajoutée après filtrage adoucit agréablement les décoctions amères. Certaines plantes intégrées à la préparation apportent naturellement de la rondeur : la réglisse, la cannelle, l'anis vert ou le gingembre en sont les meilleurs exemples. On évite en revanche le sucre raffiné, qui n'apporte rien sur le plan phytothérapeutique.
La décoction détruit-elle les vitamines des plantes ?+

Partiellement. La chaleur prolongée dégrade effectivement certaines vitamines thermosensibles, comme la vitamine C. Mais la décoction n'est pas utilisée pour ses apports vitaminiques : elle cible des composés bioactifs spécifiquestanins, flavonoïdes, polysaccharides — qui, eux, résistent bien à l'ébullition et sont précisément ceux que l'on cherche à extraire dans les parties dures de la plante.
Peut-on mélanger plusieurs plantes dans une même décoction ?+

Oui, à condition que toutes les plantes du mélange soient adaptées à la décoction — c'est-à-dire composées de parties dures nécessitant une ébullition. Mélanger une racine et une feuille dans la même casserole reviendrait à sur-extraire la partie délicate et à dégrader ses principes actifs. Si votre préparation combine des plantes pour infusion et des plantes pour décoction, réalisez les deux séparément puis assemblez les liquides filtrés.
Quelle eau utiliser pour une décoction : eau du robinet ou eau filtrée ?+

L'eau filtrée ou de source reste le meilleur choix pour une décoction. L'eau du robinet, selon les régions, peut contenir du calcaire, du chlore ou des résidus qui interfèrent avec les composés végétaux et altèrent le goût de la préparation. Une eau trop calcaire modifie notamment l'extraction des tanins et peut rendre la décoction plus amère qu'elle ne devrait l'être. Ce détail paraît anodin, mais il fait une vraie différence dans la tasse.
Faut-il couvrir la casserole pendant une décoction ?+

Oui, systématiquement. Le couvercle remplit deux fonctions essentielles : il limite l'évaporation de l'eau et, surtout, il retient les composés volatils qui s'échapperaient autrement avec la vapeur. Sans couvercle, une partie des principes actifs aromatiques disparaît avant même d'avoir eu le temps de se dissoudre dans la préparation. C'est une erreur fréquente chez les débutants, et l'une des plus pénalisantes sur la qualité finale de la décoction.
Quelle quantité de plantes pour une décoction ?+

La proportion de référence en herboristerie est la suivante : 20 g de plantes séchées pour 750 ml d'eau froide 40 g de plantes fraîches pour la même quantité d'eau Cette base donne environ 500 ml de décoction après évaporation, soit 3 à 4 tasses par jour. Il n'est pas utile d'augmenter les quantités pour obtenir un effet plus puissant : une décoction trop concentrée peut devenir désagréable à boire et modifier les effets recherchés.
Peut-on réutiliser les plantes après une décoction ?+

Non, pas de façon efficace. Après une décoction, les plantes ont déjà livré l'essentiel de leurs principes actifs dans l'eau de cuisson. Une seconde extraction produira une préparation très appauvrie, sans intérêt phytothérapeutique réel. Le marc de plante restant après filtrage est à composter. Pour obtenir une décoction de qualité à chaque fois, on repart toujours de plantes fraîches.
Bibliographie+

Larousse des plantes médicinales - édition 2017 | Ma bible des secrets de phytothérapeutes - Leduc édition 2023 | Ma bible de l’herboristerie - Leduc édition 2018 | 80 recettes originales à faire vous-même avec les plantes - édition 1986 | Ma bible des plantes qui soignent - Leduc édition 2022 - Le petit Larousse des plantes qui guérissent - édition 2019 | www.wikiphyto.org | www.vidal.fr | Le grand guide de la phytothérapie au quotidien - Rustica édition 2022 | www.altheaprovence.com


Les informations contenues dans cet article ne visent pas à diagnostiquer, traiter, guérir ou prévenir une maladie quelconque. Nous nous appuyons, pour écrire cet article, sur des usages traditionnels des plantes en phytothérapie. Les allégations concernant les bienfaits des plantes et des produits à base de plantes sont basées sur l'utilisation traditionnelle des plantes en phytothérapie. On retrouve ces informations de façon régulière et de manière confirmée en milieu scientifique et dans des ouvrages spécialisés en phytothérapie ou en médecine naturelle (voir bibliographie).


Rédigé par Laura, conseillère en phytothérapie, en micronutrition et en rééquilibrage alimentaire et naturopathie, cet article présente des connaissances actuelles en science qui concernent le sujet abordé lors de sa mise à jour. La science évolue et progresse, ainsi, elle pourrait rendre cet article partiellement ou totalement obsolète. Aucun article de notre blog ne doit être considéré comme une alternative aux recommandations de votre professionnel de santé.


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