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Lauraceae : La famille des plantes aromatiques à huiles essentielles et épices
Cannelle dans votre café, feuille de laurier dans le bouquet garni, ravintsara dans votre trousse d'hiver, avocat dans votre assiette... Ces plantes du quotidien partagent toutes une même origine botanique : la famille des Lauraceae, ou Lauracées. C'est l'une des familles végétales les plus anciennes, apparue au Crétacé il y a environ 100 millions d'années, et elle compte plus de 2 000 espèces d'arbres et d'arbustes à feuillage persistant, principalement concentrées sous les tropiques.
En herboristerie et en aromathérapie, les Lauracées se distinguent par leur richesse exceptionnelle en huiles essentielles : leurs feuilles, écorces et bois sont chargés de molécules aromatiques puissantes, du cinnamaldéhyde de la cannelle au linalol du ravintsara. Cette page vous propose une vue d'ensemble de la famille. Ce guide s'inscrit dans notre dossier complet sur les grandes familles botaniques de plantes médicinales.
L'ESSENTIEL À RETENIR
À lire en 30 secondes pour comprendre l'essentiel sur la famille des Lauracées.
- Les Lauracées (Lauraceae) comptent plus de 2 000 espèces d'arbres et arbustes à feuillage persistant, répartis en une cinquantaine de genres.
- C'est l'une des familles les plus anciennes d'angiospermes, apparue au Crétacé il y a environ 100 millions d'années.
- Leur signature : une concentration exceptionnelle en huiles essentielles, avec des molécules clés comme le linalol, le cinnamaldéhyde, le 1,8-cinéole et le camphre.
- Les représentantes médicinales emblématiques sont le laurier noble (Laurus nobilis), la cannelle (Cinnamomum verum), le ravintsara (Cinnamomum camphora ct cinéole) et le sassafras (Sassafras albidum).
- La famille comprend aussi des plantes alimentaires majeures : l'avocat (Persea americana) et les cannelles utilisées comme épices.
- Les Lauracées sont reconnues pour leurs propriétés anti-infectieuses, digestives, respiratoires et anti-inflammatoires.
- Attention aux confusions : le laurier-rose et le laurier-cerise sont toxiques et n'appartiennent pas du tout aux Lauracées.
- Le mot « lauréat » et le baccalauréat viennent de bacca lauri, la baie de laurier, symbole de victoire dans l'Antiquité grecque et romaine.
Qu'est-ce que la famille des Lauracées ?
Les Lauracées appartiennent à l’ordre des Laurales, un groupe ancien de plantes à fleurs. Il s’agit presque toujours d’arbres ou d’arbustes à feuilles persistantes, surtout présents sous les tropiques d’Asie du Sud-Est et d’Amérique du Sud, avec quelques représentants en zone méditerranéenne. En Europe, le laurier noble (Laurus nobilis) est la seule Lauracée indigène. Cette famille se distingue par la présence d’huiles essentielles dans ses tissus, à l’origine de son parfum aromatique caractéristique.
Ses feuilles sont généralement alternes, coriaces et persistantes, tandis que ses petites fleurs jaunâtres ou verdâtres sont regroupées en panicules ou en ombelles. Leur fruit typique est une drupe. Pour les caractères distinctifs complets, les genres et la clé d'identification, retrouvez tous les détails dans notre page : botanique et caractéristiques des plantes Lauracées.
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Les plantes médicinales emblématiques des Lauracées
La famille rassemble un noyau solide de plantes médicinales et aromatiques reconnues, de la phytothérapie européenne à la médecine traditionnelle chinoise et à l'aromathérapie moderne. Ce tableau présente les principales représentantes. Les propriétés détaillées, les parties utilisées et les formes recommandées sont développées dans notre page : les plantes médicinales de la famille des Lauracées : liste complète.
| Nom commun | Nom latin | Partie utilisée | Usage principal |
|---|---|---|---|
| Laurier noble | Laurus nobilis | Feuilles, baies, HE | Digestif, anti-infectieux, anti-inflammatoire |
| Cannelle de Ceylan | Cinnamomum verum | Écorce interne, HE | Digestif, antimicrobien, glycémie |
| Ravintsara | Cinnamomum camphora ct cinéole | Feuilles (HE) | Antiviral, immunostimulant, respiratoire |
| Camphrier | Cinnamomum camphora ct camphre | Bois (HE, camphre) | Antalgique externe, antirhumatismal |
| Sassafras | Sassafras albidum | Écorce de racine | Dépuratif, antirhumatismal (médecine amérindienne) |
| Lindera (Wu yao) | Lindera aggregata | Racine | Troubles urinaires (médecine traditionnelle chinoise) |
| Avocatier | Persea americana | Fruit, huile végétale | Alimentaire, antioxydant, soin de la peau |
Les principes actifs qui font la force des Lauracées
La richesse thérapeutique des Lauracées repose sur plusieurs familles de molécules aromatiques. Le 1,8-cinéole (eucalyptol) du ravintsara et du laurier noble est reconnu pour ses propriétés expectorantes et antivirales. Le cinnamaldéhyde, principal composant de l'huile essentielle de cannelle, est étudié pour ses effets antimicrobiens et son action sur la glycémie. Le camphre s'utilise en externe pour les douleurs articulaires, le linalol pour ses propriétés calmantes et anti-infectieuses, l'eugénol du laurier noble pour son action antalgique bucco-dentaire.
Un point essentiel : le genre Cinnamomum illustre parfaitement la notion de chémotype, c'est-à-dire la variabilité chimique au sein d'une même espèce. Cinnamomum camphora donne ainsi trois huiles essentielles aux profils totalement différents selon l'origine, le ravintsara à Madagascar, le camphre en Asie et le bois de Shiu riche en linalol. La mention du chémotype (ct) est donc indispensable sur tout flacon d'huile essentielle de cette famille. Pour les propriétés détaillées, les dosages officiels ESCOP et EMA et les formes d'utilisation, consultez notre page dédiée : les bienfaits des plantes Lauracées.
| Molécule | Famille chimique | Plante source | Propriété principale |
|---|---|---|---|
| 1,8-cinéole (eucalyptol) | Oxyde terpénique | Ravintsara, laurier noble | Expectorant, mucolytique, antiviral |
| Cinnamaldéhyde | Aldéhyde aromatique | Cannelle (C. verum, C. cassia) | Antimicrobien, digestif, hypoglycémiant |
| Linalol | Alcool monoterpénique | Camphrier ct linalol | Anti-infectieux, calmant, anti-stress |
| Camphre | Cétone monoterpénique | Camphrier ct camphre | Antalgique externe, antirhumatismal |
| Eugénol | Phénylpropanoïde | Laurier noble (HE feuilles) | Antalgique, antiseptique bucco-dentaire |
| Coumarine | Lactone | Cannelle de Chine (C. cassia) | Hépatotoxique à forte dose, encadrée par l'EFSA |
Le conseil de Laura, conseillère en phytothérapie
« Dans la famille des Lauracées, attention à une confusion très courante : le ravintsara (Cinnamomum camphora ct cinéole) et le ravensare (Ravensara aromatica) sont deux plantes différentes, aux profils chimiques et aux usages distincts. Sur vos flacons d'huiles essentielles, vérifiez toujours le nom latin complet et le chémotype avant utilisation. »
Les Lauracées dans vos épices, votre cuisine et votre aromathérapie
On l'oublie souvent, mais les Lauracées sont la famille botanique dont vous utilisez déjà les représentantes le plus fréquemment au quotidien : la feuille de laurier dans le bouquet garni, la cannelle dans vos desserts, l'avocat dans votre assiette et le ravintsara dans votre trousse hivernale. Ces plantes cumulent un intérêt culinaire, un intérêt médicinal et un intérêt aromatique qui en font une famille à part dans l'histoire de l'herboristerie mondiale. Pour un panorama complet des épices et plantes aromatiques de la famille des Lauracées, leurs usages alimentaires et leurs formes de consommation, consultez notre page dédiée.
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Les Lauracées au jardin
En Europe, le laurier noble (Laurus nobilis) est la seule Lauracée cultivable facilement sous nos latitudes. Arbuste méditerranéen rustique jusqu'à environ -10 °C, il apprécie les expositions ensoleillées, les sols drainants et supporte bien la sécheresse une fois installé. Ses feuilles se récoltent tout au long de l'année, de préférence en été pour une concentration maximale en huiles essentielles. Pour tous les conseils de culture, les périodes de récolte et les méthodes de séchage, consultez notre guide : la Lauraceae au jardin : culture et récolte des plantes de la famille.
Points de vigilance avec les plantes Lauracées
Le risque majeur avec cette famille est la confusion de noms : le laurier-rose (Nerium oleander) et le laurier-cerise (Prunus laurocerasus) n'appartiennent pas aux Lauracées et sont hautement toxiques, une seule feuille de laurier-rose peut être mortelle. Seul Laurus nobilis s'utilise en cuisine et en herboristerie.
Par ailleurs, les huiles essentielles de la famille contiennent des molécules puissantes : le cinnamaldéhyde est dermocaustique pur, le camphre est contre-indiqué chez l'enfant, la femme enceinte et l'épileptique, et le safrole du sassafras est désormais encadré. Pour la liste complète des contre-indications, interactions et précautions par plante, consultez notre page : précautions et contre-indications avec les plantes Lauracées.
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Questions fréquentes sur les plantes Lauracées
Oui, à condition qu'il s'agisse du laurier noble (Laurus nobilis), le seul vrai laurier de la famille des Lauracées. Ses feuilles s'utilisent en cuisine et en infusion pour leurs propriétés digestives et anti-infectieuses légères. Le laurier-rose (Nerium oleander) et le laurier-cerise (Prunus laurocerasus) sont quant à eux toxiques et ne s'utilisent jamais en herboristerie. Le critère le plus simple pour les distinguer : froissez une feuille du laurier noble, un parfum aromatique caractéristique se dégage immédiatement. Le laurier-rose n'a pas cette odeur.
C'est l'une des confusions les plus fréquentes en aromathérapie. Le ravintsara est l'huile essentielle des feuilles de Cinnamomum camphora cultivé à Madagascar, riche en 1,8-cinéole à plus de 50%, reconnue pour ses propriétés antivirales et immunostimulantes. Le ravensare (Ravensara aromatica) est une autre plante endémique de Madagascar, au profil chimique différent, avec des indications distinctes. Ces deux huiles essentielles ne sont pas interchangeables : vérifiez toujours le nom latin complet et le chémotype sur le flacon.
Pour un usage médicinal régulier, la cannelle de Ceylan (Cinnamomum verum) est préférable car elle contient beaucoup moins de coumarine que la cannelle de Chine (Cinnamomum cassia). La coumarine, consommée en grande quantité sur la durée, peut être hépatotoxique, c'est-à-dire néfaste pour le foie. L'EFSA encadre d'ailleurs les teneurs maximales en coumarine dans les aliments. La cannelle de Ceylan se reconnaît à son bâton fin composé de couches enroulées et légères, contrairement à la cassia dont le bâton est plus épais et dur.
Oui, tout à fait. L'avocatier (Persea americana) est un membre de la famille des Lauracées, au même titre que le cannelier, le laurier noble et le camphrier. Ce qui les relie : leur appartenance à l'ordre des Laurales, leur feuillage persistant et leur fruit en drupe. La différence est que l'avocatier est surtout valorisé pour son fruit charnu très riche en acides gras, là où ses cousins sont exploités pour leurs huiles essentielles et leurs écorces aromatiques.
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Les informations contenues dans cet article ne visent pas à diagnostiquer, traiter, guérir ou prévenir une maladie quelconque. Nous nous appuyons, pour écrire cet article, sur des usages traditionnels des plantes en phytothérapie. Les allégations concernant les bienfaits des plantes et des produits à base de plantes sont basées sur l'utilisation traditionnelle des plantes en phytothérapie. On retrouve ces informations de façon régulière et de manière confirmée en milieu scientifique et dans des ouvrages spécialisés en phytothérapie ou en médecine naturelle (voir bibliographie). Rédigé par Laura, conseillère en phytothérapie, en micronutrition et en rééquilibrage alimentaire et naturopathie, cet article présente des connaissances actuelles en science qui concernent le sujet abordé lors de sa mise à jour. La science évolue et progresse, ainsi, elle pourrait rendre cet article partiellement ou totalement obsolète. Aucun article de notre blog ne doit être considéré comme une alternative aux recommandations de votre professionnel de santé.



