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Rosaceae : La famille des plantes à 5 pétales et fruits comestibles
Aubépine, reine-des-prés, cynorrhodon, alchémille, tormentille, ronce, framboisier... Ces plantes sont des piliers de l'herboristerie européenne depuis des siècles. Ce que beaucoup ignorent, c'est qu'elles partagent toutes une même origine botanique : la famille des Rosaceae, aussi appelées Rosacées. Avec ses plus de 4 800 espèces réparties en 90 genres, la famille est l'une des plus importantes du règne végétal en zone tempérée. Elle nous donne à la fois des fruits comestibles emblématiques (pomme, cerise, fraise, poire, pêche, abricot) et un grand nombre de plantes médicinales reconnues par les autorités de santé européennes. Cette page vous propose une vue d'ensemble de la famille et de ses grandes orientations thérapeutiques. Ce guide s'inscrit dans notre dossier complet sur les grandes familles botaniques de plantes médicinales.
L'ESSENTIEL À RETENIR
À lire en 30 secondes pour comprendre l'essentiel sur la famille des Rosacées.
- Les Rosacées (Rosaceae) comptent plus de 4 800 espèces réparties en 90 genres, essentiellement en zone tempérée de l'hémisphère nord.
- Leur signature visuelle la plus connue : une fleur à 5 pétales libres, 5 sépales et de nombreuses étamines, portée par un hypanthium (réceptacle floral creux).
- Leurs principes actifs majeurs sont les tanins (astringents, anti-diarrhéiques), les flavonoïdes (cardioprotecteurs, antioxydants), les salicylates (anti-inflammatoires) et la vitamine C (cynorrhodon).
- La famille se divise en plusieurs sous-familles : Rosoideae (rosier, ronce, alchémille), Prunoideae (cerisier, prunier, pêcher) et Maloideae (aubépine, pommier, cognassier).
- Les Rosacées sont particulièrement reconnues pour le système cardiovasculaire (aubépine), l'inflammation et la douleur (reine-des-prés), les troubles digestifs (tormentille, benoîte) et la sphère féminine (alchémille, framboisier).
- La famille fournit les fruits les plus consommés en Europe : pomme, poire, cerise, pêche, abricot, fraise, framboise, prune.
- Certains noyaux de Prunoideae (cerise, abricot, pêche, amande amère) contiennent de l'amygdaline, un hétéroside cyanogène toxique à forte dose.
- Le nom Rosaceae vient du latin rosa, la rose, genre le plus emblématique et le plus ancien de la famille.
Qu'est-ce que la famille des Rosacées ?
Les Rosacées sont des plantes à fleurs eudicotylédones de l’ordre des Rosales, très présentes dans les régions tempérées de l’hémisphère nord. En France, on les retrouve aussi bien dans les haies, forêts et prairies que dans les jardins, vergers et cultures fruitières. Leur nom vient du latin rosa, en référence au rosier, genre emblématique de la famille. Faciles à reconnaître, elles portent souvent des fleurs à 5 pétales libres, 5 sépales et de nombreuses étamines, avec des feuilles alternes munies de stipules.
Leurs fruits sont très variés selon les espèces : drupe, pome, akène ou cynorrhodon. Pour une description complète de la morphologie, des critères d'identification et de la chimiotaxonomie de la famille, consultez notre page dédiée : Rosaceae : botanique et caractéristiques des plantes de la famille des Rosacées.
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Les plantes médicinales emblématiques des Rosacées
La famille rassemble un nombre remarquable de plantes médicinales reconnues par les autorités européennes (EMA, ESCOP, Commission E allemande). Ce tableau en présente les représentantes les plus utilisées en herboristerie, avec leurs orientations d'usage. Les propriétés détaillées, les dosages officiels et les formes d'utilisation sont développés dans notre page sur la liste complète des plantes médicinales Rosacées.
| Nom commun | Nom latin | Partie utilisée | Usage principal |
|---|---|---|---|
| Aubépine | Crataegus monogyna / laevigata | Sommités fleuries, baies | Système cardiovasculaire, palpitations, anxiété légère |
| Reine-des-prés | Filipendula ulmaria | Sommités fleuries | Anti-inflammatoire, douleurs articulaires, voies urinaires |
| Cynorrhodon (Rosier) | Rosa canina | Fruits (faux-fruits) | Immunité, vitamine C naturelle, antioxydant |
| Alchémille | Alchemilla vulgaris | Parties aériennes | Sphère féminine, cycles menstruels, ménopause |
| Tormentille | Potentilla erecta | Rhizome | Diarrhées, astringent, muqueuses digestives |
| Framboisier | Rubus idaeus | Feuilles | Préparation à l'accouchement, spasmes utérins |
| Aigremoine | Agrimonia eupatoria | Parties aériennes | Troubles digestifs, astringent, voies biliaires |
| Queues de cerise | Prunus avium | Pédoncules (queues) | Diurétique, drainage urinaire, rétention d'eau |
| Benoîte | Geum urbanum | Rhizome | Astringent, diarrhées, antiseptique |
| Ronce | Rubus fruticosus | Feuilles, fruits | Astringent, angine, aphtes, antioxydant |
Les principes actifs qui font la force des Rosacées
Si les Rosacées tiennent une place aussi importante en herboristerie depuis des siècles, c'est parce qu'elles concentrent des familles de molécules particulièrement bien documentées.
Les tanins catéchiques et galliques sont les composés les plus caractéristiques des Rosoideae : ils confèrent à la tormentille, à la benoîte ou à la ronce leurs propriétés astringentes et anti-diarrhéiques, en resserrant les muqueuses digestives et en freinant les pertes hydriques. Les flavonoïdes (vitexine, hypéroside, quercétine) présents en grande quantité dans les sommités d'aubépine lui valent ses propriétés cardioprotectrices et régulatrices du rythme cardiaque, reconnues par l'EMA et la Commission E.
La reine-des-prés, quant à elle, est riche en salicylates naturels (hétérosides de l'acide salicylique), précurseurs historiques de l'aspirine, qui lui confèrent une action anti-inflammatoire et antalgique. Enfin, le cynorrhodon est l'une des sources végétales les plus concentrées en vitamine C naturelle de notre flore tempérée, accompagnée de caroténoïdes et de proanthocyanidines aux propriétés antioxydantes. Pour découvrir l'ensemble des propriétés thérapeutiques documentées, rendez-vous sur notre page : les bienfaits des plantes Rosacées.
| Principe actif | Plantes concernées | Action principale |
|---|---|---|
| Tanins catéchiques et galliques | Tormentille, benoîte, ronce, framboisier | Astringent, anti-diarrhéique, antiseptique |
| Flavonoïdes (vitexine, hypéroside) | Aubépine, reine-des-prés | Cardioprotecteur, antioxydant, veinotonique |
| Salicylates naturels | Reine-des-prés, spirée | Anti-inflammatoire, antalgique, fébrifuge |
| Vitamine C et caroténoïdes | Cynorrhodon, sorbier | Antioxydant, soutien immunitaire |
| Proanthocyanidines (OPC) | Cynorrhodon, ronce, framboisier | Antioxydant puissant, protection vasculaire |
| Amygdaline (hétéroside cyanogène) | Noyaux de Prunoideae (cerise, abricot) | Toxique à forte dose — usage externe uniquement |
Le conseil de Laura, conseillère en phytothérapie
"Les Rosacées sont une famille que j'adore recommander, justement parce qu'elles couvrent des besoins très différents : le cœur avec l'aubépine, l'inflammation avec la reine-des-prés, les cycles féminins avec l'alchémille... Mais attention, appartenir à la même famille botanique ne veut pas dire avoir les mêmes effets. L'aubépine et la tormentille sont toutes deux des Rosacées, mais elles n'ont rien en commun sur le plan thérapeutique. La famille donne des repères sur la chimie, elle ne remplace jamais l'identification précise de la plante et une approche adaptée à chaque personne."
Les Rosacées dans vos remèdes naturels et dans vos assiettes
On l'oublie souvent, mais les fruits les plus consommés en Europe appartiennent presque tous aux Rosacées.
La pomme (Malus domestica), la poire (Pyrus communis), la cerise (Prunus avium), la pêche (Prunus persica), l'abricot (Prunus armeniaca), la prune (Prunus domestica), la fraise (Fragaria vesca) et la framboise (Rubus idaeus) font toutes partie de la famille. Ces fruits cumulent un intérêt alimentaire et un intérêt médicinal, notamment grâce à leurs tanins, leurs flavonoïdes, leurs pectines et leur richesse en vitamine C.
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Les Rosacées au jardin
La famille des Rosacées est omniprésente dans les jardins de simples et les vergers familiaux. Rustiques, généreuses et pour la plupart très mellifères, elles attirent pollinisateurs et auxiliaires dès le printemps.
Aubépine, reine-des-prés, framboisier, ronce, rosier sauvage et alchémille se cultivent facilement, souvent sans intervention particulière. Certaines espèces comme le fraisier des bois ou la tormentille se prêtent à de belles bordures naturelles. Pour les conseils de culture, les périodes de récolte, la conservation et les formes d'utilisation pour chaque plante de la famille, consultez notre guide pratique : La Rosaceae au jardin : culture et récolte des plantes de la famille.
Points de vigilance avec les Rosacées
Si les Rosacées sont globalement bien tolérées et très répandues en phytothérapie, certaines précautions importantes méritent d'être connues avant toute utilisation.
- Les noyaux des Prunoideae (cerise, abricot, pêche, amande amère) contiennent de l'amygdaline, un hétéroside cyanogène qui libère du cyanure en cas d'ingestion à forte dose. Ils ne doivent jamais être consommés en grande quantité.
- La reine-des-prés contient des salicylates naturels, contre-indiqués chez les personnes allergiques à l'aspirine, chez la femme enceinte et chez l'enfant de moins de 12 ans.
- L'aubépine peut interagir avec des médicaments cardiaques (digitaliques, antiarythmiques) et ne doit pas être utilisée sans avis médical en cas de traitement en cours.
- Les tanins des Rosacées, bénéfiques à dose raisonnable, peuvent en usage prolongé irriter les muqueuses digestives ou gêner l'absorption du fer.
Pour la liste complète des contre-indications, des interactions médicamenteuses et des situations particulières (grossesse, allaitement, enfants, maladies chroniques), consultez notre page dédiée : Précautions et contre-indications avec les plantes Rosacées.
Le conseil de Laura, conseillère en phytothérapie
"La reine-des-prés revient souvent dans mes recommandations pour les douleurs articulaires ou les maux de tête. Mais je prends toujours le temps de demander si la personne est sous anticoagulants ou allergique à l'aspirine, car les salicylates naturels qu'elle contient peuvent interagir. Naturel ne signifie pas sans précaution. C'est vrai pour toute la famille des Rosacées, et plus encore pour les personnes sous traitement médicamenteux cardiaque ou anticoagulant."
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Questions fréquentes sur les plantes Rosacées
Une Rosacée est une plante appartenant à la famille botanique des Rosaceae. Le critère le plus visible est la fleur à 5 pétales libres et arrondis, accompagnée de 5 sépales et de nombreuses étamines, portée par un hypanthium (réceptacle floral creux). Les feuilles sont alternes et munies de stipules. Les fruits sont très variables : drupe (cerise, prune), pome (pomme, aubépine), akène (fraise, tormentille) ou cynorrhodon (rosier). En France, on trouve les Rosacées dans les haies, les lisières de forêt, les prairies et les vergers.
Rosaceae est le nom scientifique latin de la famille botanique, utilisé dans la nomenclature internationale (classification APG IV). Rosacées est son équivalent français. Les deux termes désignent exactement la même famille. En pratique, on utilise souvent Rosaceae dans les textes scientifiques et "Rosacées" dans les ouvrages d'herboristerie ou de botanique en langue française.
Les plantes médicinales les plus reconnues et les plus utilisées en herboristerie sont : l'aubépine (Crataegus monogyna) pour le système cardiovasculaire, la reine-des-prés (Filipendula ulmaria) pour l'inflammation et les douleurs, le cynorrhodon (Rosa canina) pour l'immunité et la vitamine C, l'alchémille (Alchemilla vulgaris) pour la sphère féminine, la tormentille (Potentilla erecta) pour les diarrhées, et les queues de cerise (Prunus avium) pour le drainage urinaire. Ces plantes ont des monographies officielles reconnues par l'EMA ou l'ESCOP.
Les noyaux des Prunoideae (cerise, pêche, abricot, prune, amande amère) contiennent de l'amygdaline, un hétéroside cyanogène. Lors de l'ingestion, l'amygdaline peut libérer du cyanure d'hydrogène, une substance toxique. En pratique, avaler accidentellement un ou deux noyaux n'est généralement pas dangereux pour un adulte. En revanche, consommer délibérément des noyaux broyés ou des graines en grande quantité est déconseillé, en particulier chez l'enfant. Les fruits eux-mêmes (chair) ne contiennent pas d'amygdaline et sont parfaitement comestibles.
La grossesse appelle à la prudence avec toutes les plantes médicinales. Parmi les Rosacées, la reine-des-prés est contre-indiquée pendant la grossesse en raison de ses salicylates naturels (action proche de l'aspirine). Le framboisier (Rubus idaeus) est traditionnellement utilisé pour préparer l'accouchement, mais uniquement sous avis d'une sage-femme ou d'un professionnel de santé, et seulement en fin de grossesse. Le cynorrhodon (riche en vitamine C) et l'aubépine sont généralement déconseillés en usage médicinal pendant la grossesse par précaution. Consultez toujours un professionnel de santé avant toute prise de plantes médicinales pendant la grossesse.
Larousse des plantes médicinales - édition 2017 | Ma bible des secrets de phytothérapeutes - Leduc édition 2023 | Ma bible de l'herboristerie - Leduc édition 2018 | Ma bible des plantes qui soignent - Leduc édition 2022 | Le petit Larousse des plantes qui guérissent - édition 2019 | www.wikiphyto.org | www.vidal.fr | Le grand guide de la phytothérapie au quotidien - Rustica édition 2022 | www.altheaprovence.com | EMA — Monographies sur Crataegus, Filipendula ulmaria, Rosa canina, Alchemilla vulgaris | ESCOP Monographs 3rd edition | Commission E allemande (Kommission E)
Les informations contenues dans cet article ne visent pas à diagnostiquer, traiter, guérir ou prévenir une maladie quelconque. Nous nous appuyons, pour écrire cet article, sur des usages traditionnels des plantes en phytothérapie. Les allégations concernant les bienfaits des plantes et des produits à base de plantes sont basées sur l'utilisation traditionnelle des plantes en phytothérapie. On retrouve ces informations de façon régulière et de manière confirmée en milieu scientifique et dans des ouvrages spécialisés en phytothérapie ou en médecine naturelle (voir bibliographie).
Rédigé par Laura, conseillère en phytothérapie, en micronutrition et en rééquilibrage alimentaire et naturopathie, cet article présente des connaissances actuelles en science qui concernent le sujet abordé lors de sa mise à jour. La science évolue et progresse, ainsi, elle pourrait rendre cet article partiellement ou totalement obsolète. Aucun article de notre blog ne doit être considéré comme une alternative aux recommandations de votre professionnel de santé.



